19:12 - Mardi 11 décembre, 2018

- 2. Rabīʿ al-Ākhir 1440

La loyauté envers la communauté


Allah le Très Haut dit en parlant de Mohammad (paix et salut sur lui) : Certes, un Messager choisi parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd les difficultés que vous subissez, qui est plein de sollicitude pour vous, qui est compatissant et miséricordieux envers les croyants [9;128], C’est par quelque miséricorde d’Allah que tu as été si doux envers eux [ô Mohammad] ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. Pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon [3;159], Il [Mohammad] leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux [7;158]. Or il est une évidence, que Mohammad (paix et salut sur lui) l’Imam de la communauté musulmane, était celui parmi les hommes qui avait le plus d’amour, de sollicitude, de compassion pour sa communauté, celui qui avait le plus de peine face aux difficultés que vivaient et allaient vivre les croyants ; il leur prescrivait le bien, leur proscrivait le mal, essayait d’alléger leurs fardeaux et de leur trouver des issues, il les mettait en garde contre les erreurs dans la compréhension de la religion, contre les égarements, et les innovations ; faisant de son mieux pour nous faciliter la voie au Paradis et nous préserver de l’Enfer, avec la permission Divine, priant pour le salut des musulmans, et réservant pour eux son invocation au jour de la résurrection ! Nul ne fut meilleur ‘nassih’, plus dévoué, plus empli de bon sentiments à l’égard de la communauté musulmane que lui. Ô Allah bénis Mohammad et sa famille pour l’éternité, Tu es Toi, certes Digne de Louanges !

Ceci étant, c’est en observant le modèle et en mettant en pratique les enseignements prophétiques, que nous arriverons avec l’aide d’Allah à réaliser la nassiha à l’égard des musulmans.

 Le souci pour la communauté. Comme nous l’indique le verset cité plus haut, les difficultés rencontrées par les croyants dans la pratique de leur religion, la gêne matérielle d’une partie des leurs, et tout souci que ceux-ci vivaient, pesaient lourd au Prophète (paix et salut sur lui), qui faisait siens leurs soucis. Ainsi doivent être ceux qui prennent sa Sounnah pour référence et y appellent les gens. En effet, l’Envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) nous met en garde : celui qui ne se soucie pas du sort des musulmans n’est pas des leurs [Al Tabarani]. Le fait d’appartenir à une communauté implique de se soucier d’elle et de ressentir ce qu’elle ressent, de partager avec elle les joies et les peines. Le Prophète(paix et salut sur lui) dit : l’image des croyants dans les liens d’amour, de miséricorde et de compassion qui les unissent les uns aux autres est celle du corps ; dès que l’un de ses membres se plaint de quelque mal, tout le reste du corps répond par la veille et la fièvre [Al Boukhari & Mouslim].

 La sollicitude envers les croyants s’exprimait quotidiennement chez le Prophète (paix et salut sur lui), notamment dans sa manière de présenter la religion simplement, et d’éviter que celle-ci ne devienne trop dure à pratiquer. Abdallah Ibn Abbas rapporte qu’un jour le Prophète (paix et salut sur lui) tarda à venir diriger la prière de la ’icha, au point où Omar l’appela : La prière, ô Envoyé de Dieu ! Les femmes et les enfants vont s’endormir. Le Prophète (paix et salut sur lui) sortit alors et dit : si je ne craignais d’imposer trop à ma communauté, je leur prescrirais de célébrer cette prière-ci à cette heure-ci [Al Boukhari & Mouslim]. Et l’on peut observer cette crainte qui était sienne d’imposer trop à sa communauté, dans de nombreux endroits, comme ce jour où un homme lui demanda avec insistance si le pèlerinage devait être fait chaque année et où le Prophète (paix et salut sur lui) finit par lui répondre : si je te disais que oui, cela deviendrait obligatoire pour vous et vous ne pourriez le supporter… [Al Boukhari] ; ou encore dans l’épisode du voyage nocturne et dans son dialogue avec Allah pour abaisser le nombre des prières prescrites de cinquante à cinq qui seront finalement récompensées comme cinquante [Ahmad, Al Nassaï, Sahih] ! Aussi, celui qui appelle les gens à la religion d’Allah ou qui la leur enseigne, doit avoir cette sollicitude envers les croyants en évitant de leur imposer ce qu’Allah et son Prophète (paix et salut sur lui) ne leur ont pas imposé.

 La douceur envers les croyants, le fait de ne pas être dur envers eux est un devoir pour chacun de nous. Le fait de rencontrer son frère avec un visage détendu et souriant, de donner le salam, de répondre à la salutation de meilleure manière ou d’y répondre simplement, le fait de patienter sur les torts de son frère et de cacher ses défauts, le fait de se faire des cadeaux, de s’entraider, d’être respectueux vis-à-vis des aînés, miséricordieux vis-à-vis des plus jeunes, d’être bon avec son épouse, le fait d’invoquer le bien pour son frère, de le consoler lorsqu’il est triste, de le rassurer lorsqu’il s’inquiète, de le conseiller lorsqu’il se trompe ou qu’il le sollicite, sont toutes des actions qui entrent dans le registre de la douceur et non de la dureté. Cette douceur était naturelle chez le Prophète (paix et salut sur lui), sans quoi, comme l’a affirmé le Coran, il n’aurait pu attirer les gens et gagner leurs cœurs à sa religion, bien qu’elle soit la vérité : si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage.

Les bons sentiments envers les croyants doivent s’exprimer en particulier dans le fait de leur pardonner et d’implorer le pardon pour eux. Allah nous dit : Sache donc qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu, et demande le pardon pour tes péchés, ainsi que pour les croyants et les croyantes [47;19] et Il dit : Adopte le principe du pardon, recommande le convenable et écarte-toi des gens qui ont un mauvais comportement [7;199]. Implorer le pardon pour le musulman, c’est demander son salut et sa sauvegarde, sa réussite, que l’on désire pour lui dans cette vie et dans l’autre ; et lui pardonner comme on désire qu’Allah nous pardonne et que les gens à qui l’on a fait du mal nous pardonnent : Qu’ils pardonnent et absolvent. N’aimez-vous pas que Dieu vous pardonne ? Et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux [24;22].

Le fait de porter secours à son frère, victime d’injustice ou auteur d’une injustice, en dénonçant cette injustice, et en œuvrant à y mettre fin, ne serait-ce qu’en mettant un terme à tout genre de relation sociale, amicale, commerciale ou autre, avec celui qui en est à l’origine, est une autre manifestation de ces bons sentiments. Le Prophète (paix et salut sur lui) dit : Aide ton frère, opprimé qu’il soit, ou oppresseur. Les compagnons s’étonnèrent de ce qui pris au sens littéral semblait contredire les principes généraux de l’Islam qui prescrit la justice, l’équité et l’objectivité dans le jugement sans distinction de rang, de couleur, ou de religion. Ils demandèrent : Pour ce qui est de l’opprimé nous comprenons, mais comment l’aider alors qu’il fait du mal à autrui ?! – En mettant fin au mal qu’il perpètre, reprit le Prophète (paix et salut sur lui) [Al Boukhari]. La passivité lorsque l’on a les moyens de faire changer les choses est un grave péché. L’envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) dit : celui devant qui l’on humilie un croyant et qui ne le secourt pas, alors qu’il en est capable, se verra humilié par Dieu le Jour de la résurrection devant toutes les créatures [Al Boukhari]. Nous cherchons refuge auprès d’Allah !

Et Allah sait mieux !


Rubrique: La religion c'est la loyauté