6:45 - Dimanche 15 décembre, 2019

- 17. Rabīʿ al-Ākhir 1441

Le Traité d’Al Houdaybiya


Les croyants qui attendaient patiemment à Al Houdaybiya, se réjouirent de la venue de l’ambassadeur Mecquois en vue de la négociation d’un traité, pensant que cela signifiait pour eux qu’ils pourraient entrer à La Mecque pour effectuer leur ‘Omra comme ils l’espéraient. Cependant, à l’énoncé des clauses du traité par Souhayl, ils restèrent stupéfaits, tandis que le Prophète, paix et salut sur lui, les accepta sans poser la moindre condition, et sans les consulter, comme il en avait pourtant l’habitude. Voici les clauses du pacte conclut entre le Prophète, paix et salut sur lui, et les Quraychites :

- Les musulmans retourneront chez eux cette année (sans avoir accompli la ‘Omra) et reviendront l’année prochaine, mais ils ne resteront pas à La Mecque plus de trois jours. Ils ne porteront pas d’armes autres que leurs épées rengainées.

- La guerre sera suspendue pour dix années, période durant laquelle les deux parties vivront en total sécurité.

- Quiconque souhaitera s’unir à Mohammad pourra le faire et quiconque souhaitera s’unir à Quraych pourra le faire également ; toute agression contre la tribu qui se joindra à l’une ou à l’autre partie sera considérée comme visant cette dernière. 

- Si un membre de Quraych se réfugie chez Mohammad sans l’autorisation de son maître, il sera renvoyé à La Mecque, tandis que si un partisan de Mohammad revient à La Mecque, il ne sera pas renvoyé à Médine.

Ces clauses qui semblent au premier abord en défaveur des musulmans, qui étaient alors en position de force, furent donc ratifiées par le Prophète, paix et salut sur lui, sans la moindre concertation avec les musulmans. Il s’agissait ici en réalité d’une décision Divine, que le Prophète, paix et salut sur lui, seul a pu percevoir, comme il fut le seul à percevoir le refus de sa chamelle d’avancer comme étant un signe Divin. En effet, le Prophète, paix et salut sur lui,, dans son humilité, consultait ses compagnons dans la plupart des sujets ouverts à l’ijtihad : ceux pour lesquels il ne recevait pas de révélation. Dans les cas minoritaires où Allah, lui-même, tranche de manière claire sur un sujet, en fermant la porte del’ijtihad, il n’y a pas lieu de consulter qui que ce soit.

Il appela donc ‘Ali pour sceller ce pacte par écrit et lui dicta : ‘Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux’, ce à quoi s’opposa Souhayl en disant : ‘nous ne connaissons pas ces formules, écris plutôt : ‘En ton nom, Seigneur !’. Le Prophète, paix et salut sur lui, accepta et dicta la suite à ‘Ali : ‘Le pacte conclu par Mohammad, Messager de Dieu…’, mais Souhayl l’interrompit une nouvelle fois : ‘Si nous avions su que tu étais l’Envoyé de Dieu, nous ne t’aurions pas combattu. Ecris donc : ‘Mohammad ibn Abdallah’. Le Prophète, paix et salut sur lui, accepta encore, et demanda à ‘Ali d’effectuer la modification, mais ce dernier ne pu se soumettre à une telle demande et n’eut pas la force d’effacer sa phrase. Le Prophète, paix et salut sur lui, plein de discernement, ne lui fit aucun reproche et lui demanda simplement de lui indiquer l’emplacement de la phrase qu’il effaça lui-même, avant de demander à ‘Ali de réécrire : ‘Fils de Abdallah’.

Le pacte fut ainsi établi entre Le Prophète, paix et salut sur lui, et Quraych, en présence des compagnons totalement consternés par la tournure humiliante que prenait cette affaire. Eux qui venaient de prêter serment de ne pas fléchir face à l’ennemi, avaient l’impression de se soumettre entièrement à lui. L’affront atteint son paroxysme lorsque Abou Jandal, le fils de Souhayl, converti à l’Islam, se présenta, chaînes aux pieds, implorant le Prophète, paix et salut sur lui, de le sauver en l’emmenant avec lui. Souhayl, qui venait de ratifier le traité, frappa son fils et invoqua justement les termes du traité pour interdire au Prophète, paix et salut sur lui, d’accéder à la demande de son fils. Le Prophète, paix et salut sur lui, convint qu’il ne pouvait trahir un pacte qu’il avait accepté, et dut se résoudre à le laisser repartir à la Mecque avec son père qui l’insultait et le frappait, ce qui déchira le cœur des compagnons qui ne purent supporter tant d’humiliations. Aussi, lorsque les tractations furent terminées, et le pacte conclu, le Prophète, paix et salut sur lui, ordonna à ses compagnons d’immoler leur sacrifice et de se raser la tête. Mais à sa grande surprise, et pour la première fois, tous désobéirent et refusèrent de s’exécuter, tant ils se sentaient contrariés et troublés par les concessions accordées aux Mecquois ! Confus, le Prophète, paix et salut sur lui, retourna auprès de sa femme Oum Salama, qui lui conseilla de ressortir auprès d’eux et d’effectuer son sacrifice devant eux sans dire un mot. Il appliqua alors les conseils bienveillants de son épouse, et aussitôt, les compagnons pris d’un profond remord vis-à-vis de leur défiance se mirent à sacrifier à leur tour, et à se raser la tête les uns les autres.

Cet épisode singulier de la vie du Prophète, paix et salut sur lui,, qui paraît être, pour l’âme impatiente et ignorante des secrets Divins, un échec sévère et humiliant, s’avèrera être l’un des succès les plus marquant de l’histoire musulmane comme nous le verrons le mois prochain in cha Allah


Rubrique: La vie du Prophète (psl)