6:45 - Dimanche 15 décembre, 2019

- 17. Rabīʿ al-Ākhir 1441

Le retour à la Mecque


Arrivé à proximité de la Mecque, le Prophète paix et salut sur lui, demanda à ses hommes d’allumer un maximum de feux de camp, au point que toute la vallée fut éclairée, ce qui ne manqua pas d’impressionner les tribus alentours, qui ne se doutaient pas un seul instant que cette armée était celle du Prophète paix et salut sur lui. En effet, il avait réussi à maintenir le plus grand secret sur ses intentions et ce pour préserver au mieux l’effet de surprise, et ainsi éviter au maximum les combats.

Abou Soufyan qui sortit alors de sa cité pour obtenir des informations resta stupéfait à la vue du campement musulman et de son étendue : ‘Je n’ai jamais vu, de nuit, autant de feux et autant de soldats !’ confia-t-il. Il rencontra en chemin, Al ‘Abbas, dont la conversion venait d’être confirmée, et rejoint en sa compagnie le campement du Prophète paix et salut sur lui, dans lequel il passa la nuit. Le lendemain, il s’entretint longuement avec lui paix et salut sur lui. Devant cette démonstration de force tempérée par l’attitude éminemment noble du Messager paix et salut sur lui, il finit par pencher en faveur de l’Islam en admettant l’unicité et la toute puissance d’Allah, tout en restant réticent quant au statut de prophète de Mohammad paix et salut sur lui. Pourtant, au matin lorsqu’il observa l’armée se mettre en mouvement et particulièrement la garde rapprochée du Prophète paix et salut sur lui, il admit à Al Abbas : ‘Il n’y a pas de puissance qui puisse faire face à ceux-là ! Abou Al Fadl, le règne de ton neveu est devenu immense’. Al Abbas répondit que c’était là le miracle de la prophétie, ce sur quoi Abou Soufyan reconnut : ‘Oui ! C’est exacte’.

A ce moment, l’effet de surprise était assuré, et la victoire acquise. Après huit ans d’exil, le Prophète paix et salut sur lui,allait faire son retour triomphant dans la cité qui l’avait persécuté, jusqu’à tenter de l’assassiner. Il aurait pu aisément se venger et rendre la pareille aux mecquois qui l’avaient tant fait souffrir. Mais nous avons vu que le Prophète paix et salut sur lui, n’était pas un homme dominé par les passions, mais plutôt par la douceur et la mansuétude. Il ordonna donc à ses troupes de ne combattre que si on les attaquait et proclama en réponse à l’excitation de certains compagnons :Aujourd’hui est plutôt un jour de clémence et de pardon. Aujourd’hui, Allah honorera Qouraish et élèvera la gloire de la Kaaba. De plus, le Prophète paix et salut sur lui, avait prit soin d’honorer Abou Soufyan afin de consolider ce début d’alliance, et sa conversion encore fragile, en assurant la sécurité de tout mecquois qui se réfugierait chez ce dernier, qui resterait enfermé chez lui ou encore dans la mosquée. L’objectif du Prophète paix et salut sur lui, dans sa grande clémence était d’éviter par tout moyen, toute échauffourée. Il n’avait recours au combat qu’en cas d’extrême nécessité, la règle étant le respect et la préservation de la vie humaine.

Ceci étant, l’attitude du Prophète paix et salut sur lui, en position de force et de supériorité n’était pas la vengeance et l’arrogance, mais plutôt la clémence et l’humilité.

Tout ceci s’illustre à merveille par la posture qu’il adopta lors de son entrée dans la Mecque. Il n’y pénétra pas les armes à la main, mais la tête baissée sur sa monture, au point que sa barbe touchait sa selle, exprimant ainsi son immense humilité et sa reconnaissance envers son Seigneur !

La stratégie du Prophète, paix et salut sur lui, avait parfaitement fonctionné, et la grande majorité des mecquois, devant l’immense armée musulmane n’opposa aucune résistance, se réfugiant tantôt chez eux, tantôt dans la mosquée, et aucun mal ne leur fut fait. Seule une poignée de stupides tenta de résister en vain, et fut rapidement neutralisée.

L’Envoyé de Dieu, paix et salut sur lui, descendit de son cheval, se dirigea vers la Kaaba et en fit le tour librement. Puis, à l’aide de son arc, renversa et brisa une à une les trois cent soixante idoles qui s’y trouvaient en répétant : ‘La vérité est venue et l’erreur a disparu. Car l’erreur est toujours destinée à disparaître.’ [17:81], mettant ainsi définitivement fin au règne de l’idolâtrie à la Mecque, et redonnant sa pureté originelle à la Kaaba élevée par Ibrahim [Abraham], le père du monothéisme.

Il se mit ensuite devant la Kaaba, faisant face au quraychites qui attendaient de connaître leur sort résignés, et leur demanda : ‘O Qouraish, que pensez-vous que je vais faire de vous aujourd’hui ?’, ils répondirent : ‘Nous n’espérons que le meilleur, car tu es un frère noble, fils d’un frère noble’. Le Messager paix et salut sur lui, leur dit alors : ‘Je vous dis ce que Youssouf a dit à ses frères: ‘Pas de récrimination contre vous aujourd’hui.’ [12;92]. Puis il ajouta : ‘Allez, vous êtes tous libres’.

Le Prophète, paix et salut sur lui, pardonna en effet à tous ceux qui se présentèrent à lui, quand bien même ils avaient été des ennemis acharnés et cruels, à l’image de Hind, qui avait commandité l’assassinat de son oncle Hamza et qui en avait mutilé la dépouille. Elle aussi obtint le pardon ce jour-là !

Enfin, après avoir maitrisé les Quraychites, et rétabli le culte de Dieu dans le sanctuaire sacré, le Prophète paix et salut sur lui, ordonna à Bilal de grimper sur la Kaaba et d’appeler à la prière, élevant ainsi la gloire de la Maison sacrée par les belles paroles de cet appel, puis par la prière en l’honneur du Dieu Unique pour qui elle s’était vue élevée.

Le Prophète, paix et salut sur lui, fit donc son retour à la Mecque pendant le Ramadan de la huitième année de l’hégire, un vendredi. Il y resta une quinzaine de jours, le temps d’y administrer ses affaires, puis retourna vivre à Médine, sa cité d’adoption.


Rubrique: La vie du Prophète (psl)