0:06 - Mercredi 12 août, 2020

- 21. Dhū al-Ḥijja 1441

La Révélation 1/2


 Ignorance : Avant l’avènement de l’Islam, comme nous l’avions vu dans nos articles précédents, en l’absence de système politique viable et avec la prédominance de l’esprit tribal (‘asabiyya), l’Arabie ne pouvait rien offrir de mieux à ses habitants qu’une vie rude et primitive. Isolée du reste du monde, gangrénée par l’injustice, tout progrès et toute organisation sociale y devenait impossible. Cette période antérieure à l’Islam est appelée jâhiliyya, c’est-à-dire l’ère de l’ignorance ; néanmoins ce terme peut s’appliquer à tout ce qui s’apparente aux mœurs corrompues de l’époque, quels que soient le temps et le lieu. En effet, les dérives morales et religieuses des Arabes, ô combien nombreuses, n’étaient que le reflet du côté le plus vil de la nature humaine. Et pour celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur, et préservé son âme de la passion, le Paradis sera alors son refuge (40 ; 41, S79). Cependant, malgré leur orgueil exacerbé, leur rébellion à toute autorité, des coutumes révoltantes telles que l’enterrement des filles vivantes, l’ivrognerie, la superstition, la sorcellerie et bien d’autres défauts, les Arabes possédaient également des qualités innées qui tranchaient avec ce tempérament de feu. Ils étaient généreux, hospitaliers, courageux et avaient horreur du mensonge. Ils vouaient aussi un amour passionné à la poésie. Des tournois étaient d’ailleurs organisés à l’occasion des foires, comme celle de ‘Uqâz où le vainqueur voyait son poème calligraphié et suspendu à la Kaaba. Sept de ces poésies, appelées Mou’allaqât (suspendues), dignes des plus grands poètes de l’Histoire, nous sont parvenues ; témoignant du génie et du raffinement des Arabes de l’époque pour la poésie.

Retraite : Au milieu de tant d’erreurs, le Prophète (Salut et Paix sur lui) préférait se mettre à l’écart. Dieu inspira à son cœur l’amour pour la solitude et le recueillement. Mais ce qui devait certainement faire le plus mal au messager de Dieu (Salut et Paix sur lui), c’était de voir ces idoles qui déshonoraient la Sainte Kaaba, et dont le nombre grandissant plongeait la religion de son ancêtre Abraham un peu plus chaque jour dans l’oubli. Toutefois, il ne semblait pas exister de remède à un mal aussi profond et Mohammed (Salut et Paix sur lui)  ne pouvait que se tenir à l’écart. A l’approche de la quarantaine, il se mit alors à s’isoler dans une grotte nommée Hira au Nord-Ouest de la Mecque. Il s’y retirait pour une période allant de dix jours à un mois puis retournait auprès des siens afin de s’approvisionner et repartir de nouveau. Il est bien connu que le contact avec la nature et les grands espaces est propice à la méditation. Ce goût pour la retraite est un signe fort pour le musulman et plus particulièrement pour celui qui appelle à la religion de Dieu et se voit chargé de guider les croyants. En effet, en s’isolant, l’être humain se retrouve face à lui-même et certains défauts tels que la jalousie, la vanité, l’avidité des honneurs et des biens, ne peuvent se guérir que par la retraite spirituelle. Bien entendu, il ne s’agit pas pour le musulman de s’isoler dans une grotte, car c’est là une spécificité du Prophète ; mais plutôt de se retrouver seul devant Dieu. Ainsi  le croyant prendra t-il conscience de sa relation avec Allah, de Sa proximité, de Son infinie miséricorde, il reconnaît sa faiblesse et ses erreurs et prend peur du châtiment. A l’abri des regards, loin de l’agitation du monde, il est inutile de se mentir. Ce retour vers Allah est essentiel pour purifier l’âme et faire grandir l’amour de Dieu dans son cœur.

Lis…L’imam al Boukhâri rapporte d’après Aïcha, qu’au cours d’une nuit du mois de Ramadân, alors que le Messager de Dieu (Salut et Paix sur lui)  était en prière dans la grotte, il fut surpris par l’Esprit Saint, l’ange Gabriel, qui lui ordonna : «Lis !» Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) lui répondit : «Je ne suis pas de ceux qui lisent». L’ange le prit dans ses bras et le serra avec force, puis lui réitéra son ordre : «Lis !» Le Prophète lui dit une nouvelle fois : «Je ne suis pas de ceux qui lisent». Alors, l’ange le serra vigoureusement dans ses bras avant de lui commander de nouveau : « Lis !». Le Prophète (Salut et Paix sur lui), épuisé par ces étreintes vigoureuses qui faillirent lui briser les côtes et lui couper le souffle, lui répondit : «Que dois-je lire ?». L’ange lui dit alors : «Lis, au nom de ton Seigneur Qui a créé § Qui a créé l’homme d’une adhérence. § Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, § Qui a enseigné par la plume (le calame), § Il a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas ».


Rubrique: La vie du Prophète (psl)