3:48 - Lundi 6 décembre, 2021

- 1. Jumādā al-Ūlā 1443

Introduction : Les ablutions (1)


La purification rituelle que l’on appelle ablutions ou encore « woudhou » en arabe est un prérequis de la prière. Le Prophète (paix et salut sur lui) nous apprend en effet que Dieu n’accepte pas la prière de celui qui n’est pas purifié rituellement jusqu’à ce qu’il ait fait ses ablutions [Al Boukhari & Mouslim] ce qui signifie que la prière ne sera pas valide et pas récompensée à moins d’être en état de purification. Outre la prière, il est impératif d’être purifié pour effectuer les circumambulations (tawwaf) autour de la Ka’ba, pour toucher directement un support – livre, tablette, téléphone, ordinateur – affichant tout ou partie du Coran ; et il est préférable, mais non obligatoire, d’avoir effectué les petites ablutions pour évoquer Dieu, réciter le Coran et avant d’aller dormir comme cela est confirmé par les dires et actes de l’Envoyé de Dieu (paix et salut sur lui).

Les ablutions sont un acte d’adoration… dans ce sens qu’elles ont été prescrites par Dieu et qu’elles sont un prérequis nécessaire à l’accomplissement d’actes d’adoration plus grands que sont la prière, le tawaf, la lecture du Coran à partir d’un support, etc. Elles ne sont pas un acte d’adoration en soi et que l’on pourrait répéter plusieurs fois d’affilée pour se rapprocher davantage de Dieu mais ne deviennent un acte d’adoration qu’à partir du moment où on les fait dans l’intention d’accomplir – même bien plus tard dans la journée – un acte d’adoration pur (prière, étude du Coran…) qui requiert les ablutions ou pour lequel celles-ci sont souhaitables. Ceci est déduit de la Parole d’Allah dans laquelle Il institue les ablutions rituelles : Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous vous levez pour la prière, rincez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes… [5;6]. Le fait que les ablutions soient un acte d’adoration implique que celui qui les fait bien se verra récompensé, tandis que celui qui ne s’applique pas et qui fait preuve de négligence à leur endroit risquera d’être puni pour cela. En effet, le Prophète (paix et salut sur lui) voyant un homme rincer son pied sans aller jusqu’à mouiller son talon dit : malheur au talon pour le feu [Al Boukhari & Mouslim], ou en passant près de la tombe de deux compagnons, il dit : ils subissent certes des tourments pour des choses qu’ils auraient pu éviter facilement, et de préciser que l’un d’eux ne se purifiait pas correctement après avoir uriné [idem]. Il nous apprend aussi que le croyant qui s’applique dans ses ablutions – sans exagération et sans gaspillage – se distinguera par l’éclat lumineux de ses membres le Jour du Jugement du fait de ses ablutions [idem] et que les (petits) péchés commis par les membres sont lavés et « tombent » avec les gouttes d’eau des ablutions.

Pourquoi Dieu nous a-t-Il prescrit ce rite ? Nous voyons trois raisons principales dans l’instauration par Dieu des ablutions comme rite préliminaire à l’accomplissement d’autres actes d’adoration, dont le plus important est la prière. La première – et le savoir revient à Dieu – c’est la dimension hygiénique que revêt cet acte. En prescrivant les grandes et les petites ablutions, en nous orientant au nettoyage régulier des dents, au fait de mettre en pratique les dix bonnes prédispositions voulues par la nature humaine (couper ses ongles, épiler ses aisselles et son pubis, tailler sa moustache, etc…), l’Islam nous a appris depuis plus de quinze siècle à être propres, à bien présenter, et à ne pas incommoder autrui d’une quelconque manière. En effet, nous sommes porteurs de message et de guidance, aussi cela doit se traduire dans l’apparence comme dans le comportement et les manières. La deuxième raison nous la voyons dans le fait que les ablutions nous conditionnent psychologiquement, spirituellement, à la rencontre avec Dieu. Dieu est Pur et n’accepte que ce qui est pur… aussi doit-on se purifier en accomplissant les ablutions rituelles avant de se présenter devant Lui ou de porter le Livre révélé. La troisième raison est le fait que la purification rituelle se veut être la partie visible d’un autre genre de purification tout aussi important : la purification spirituelle. Dieu le Majestueux jure par l’âme et Celui qui l’a insufflée, et lui a alors inspiré son immoralité de même que sa piété : a certes réussit celui qui la purifie et a certes échoué celui qui la souille [91;7-10], et l’Envoyé de Dieu (paix et salut sur lui) de dire en parlant de la purification de l’âme – selon une des deux interprétations données à sa parole - qu’elle est la moitié de la foi [Mouslim]. Or le fait de nettoyer son corps va avec le fait de nettoyer son cœur des fausses croyances, des superstitions, du doute, de l’hypocrisie, de l’ingratitude envers Dieu, et de nettoyer son âme du vice, de la méchanceté, de la haine, de la rancœur, de la jalousie etc. Aussi le croyant cherche-t-il sans cesse à se purifier davantage spirituellement pour se rapprocher de Dieu et cela se manifeste dans sa propreté apparente et dans son hygiène de vie. C’est donc à ces deux formes de purification physique et spirituelle que le Coran fait allusion lorsqu’il dit à la fin du verset légiférant les ablutions que Dieu veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait [5;6], ou en parlant des gens qui peuplent les mosquées bâties pour Dieu : On y trouve des gens qui aiment se purifier, et Dieu aime ceux qui se purifient [9;108].

Cette introduction faite, nous verrons prochainement, si Dieu nous le permet, comment le Prophète (paix et salut sur lui) accomplissait ses ablutions.


Rubrique: La Sounnah du Prophète, Le culte