0:00 - Mardi 16 juillet, 2024

- 8. Muḥarram 1446

Bien se nourrir


Allah l’Élevé dit : Ô humains ! Mangez de ce que la Terre offre de licite et de bon, et ne suivez point les pas du diable, car il est pour vous un ennemi déclaré [2;168] ; Ô croyants ! Mangez des bonnes choses que nous vous avons accordées et remerciez Allah, si c’est Lui que vous adorez [2;172]. De ces versets et d’autres, les savants ont établi que tout ce qui est sur Terre est originellement licite [halal] à la consommation humaine, à moins qu’un texte authentique ne l’ait explicitement interdit [haram]. Or, nous croyons que l’Islam ne nous a défendu de consommer que ce qui nous est néfaste, que le niveau actuel de la science soit en mesure de l’expliquer ou non. C’est ce qu’affirme ce verset coranique qui décrit le Prophète (paix et salut sur lui) comme celui qui leur autorise les bonnes choses et leur proscrit les mauvaises [7;157]. Allah affirme par ailleurs : Vous sont permises les bonnes nourritures [5;4].

Ce qui est interdit. Le Coran a restreint le domaine de l’illicite en matière alimentaire, en le limitant à quatre types d’aliments : Dis : Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit, à aucun mangeur d’en manger, que la bête trouvée morte, ou le sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc, car c’est une souillure, ou ce qui, par perversité, a étésacrifié à autre qu’AllahQuiconque est contraint, sans toutefois abuser ou transgresser, ton Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux [6;145]. Il faut préciser ici que le sang qui est interdit est celui qui est répandu suite au sacrifice. Ibn Jourayj dit : Nul mal à consommer le sang demeuré dans les veines de l’animal. En ce qui concerne la bête trouvée morte, il ne s’agit ici que des animaux terrestres. L’animal marin pêché mort est licite, car l’Envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) dit :L’eau de mer est pure et les animaux morts qui y sont pêchés sont licites à la consommation [Rap. Auteurs des Sounan, Sahih]. Notons que cette différence de traitement entre les animaux trouvés morts, peut aujourd’hui, être en partie expliquée par la science : en effet, le sel contenu dans l’eau de mer permet de freiner ou de bloquer le développement des microbes et donc des maladies inhérentes à la décomposition du cadavre (Source : INRA).

A ces quatre types généraux nous devons ajouter les substances toxiques, comme le tabac par exemple, à cause de la Parole du Très Haut : Et ne vous tuez pas vous-mêmes [4;29] qui interdit à l’individu de nuire volontairement à sa santé. Sont également prohibées, les substances enivrantes, tels les alcools et les stupéfiants (hachich et autres drogues), car Allah dit : Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du diable écartez-vous en, afin que vous réussissiez. *Le diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l’inimité et la haine, et vous détourner de l’invocation de Dieu et de la Prière. Allez-vous donc y mettre fin ? [5;90-91]. Or il est établi sans aucun doute que le terme ‘vin’ dans ce verset désigne tout ce qui enivre, comme le confirme le hadith que rapporte Mouslim, et dans lequel l’Envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) dit : Tout ce qui enivre est vin et tout vin est interdit. Cette interdiction ne se limite pas à la consommation, mais aussi à l’achat, à la vente et à la préparation.

Enfin, ce qui a été obtenu de manière illégale, par le vol, la triche, le mensonge, le meurtre ou la corruption est également prohibé : Et ne touchez pas aux biens d’autrui de manière frauduleuse, ou pour corrompre les juges pour permettre à certains de s’emparer sciemment des biens d’autrui de manière pécheresse [2;188].

A cela la Sounnah est venu ajouter l’interdiction ou la réprobation, de consommer la chair des animaux féroces (lions, tigres), des rapaces (aigles, vautours), des singes, et des animaux qui se nourrissent exclusivement de déchets.

La consommation de produits autorisés contenants en infime quantité des additifs, des conservateurs ou des colorants, extraits de produits originellement illicites, n’est pas interdite dès lors que l’on ne retrouve, ni le goût, ni l’odeur, ni la couleur, du produit illicite ; selon un avis soutenu par Ibn Taymiya. Cette opinion a été reprise également par les savants du conseil européen de la Fatwa, le contexte justifiant cette tolérance.

Les conséquences de la consommation de l’illicite. La consommation volontaire de ce qu’Allah a interdit, constitue une désobéissance et une rébellion à son égard. Ceci entraînera donc un châtiment dans l’au-delà, si la personne ne se repent pas, comme l’affirme le Prophète (paix et salut sur lui) lorsqu’il dit que toute chair issue de la consommation de nourriture illicite méritera d’être à son tour consumée par le feu de l’Enfer [Al Tirmidhi, auth. Al Albani]. En plus de cela, la personne mangeant sciemment l’illicite verra, dès cette vie, ses actions et ses invocations rejetées, comme le confirme unhadith, dans lequel l’Envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) dit : Allah est bon et n’accepte que ce qui est bon, et Allah a certes prescrit aux croyants la même chose qu’Il a prescrite aux prophètes lorsqu’Il a dit : ‘O prophètes ! Mangez des bons aliments et faîtes de bonnes œuvres’ [24;51] ou lorsqu’Il a dit : ‘O croyants ! Mangez des bonnes choses que Nous vous avons accordées [2;127]. Ensuite le Prophète (paix et salut sur lui) évoqua le cas d’un homme ayant fait un long voyage, les cheveux ébouriffés et couvert de poussière, qui, levant les deux mains au ciel, implore ‘O mon Dieu, O mon Dieu’, tandis que sa nourriture, sa boisson et ses vêtements proviennent de l’illicite, comment, ajouta l’Envoyé d’Allah, peut-il alors espérer être exaucé ? [Mouslim].

Ne pas exagérer en mangeant le licite. L’Envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) dit : L’homme n’a pas rempli de récipient pire que son estomac. Quelques bouchées suffisent pourtant à se restaurer. Si l’homme tient cependant à manger plus, qu’il réserve un tiers pour la nourriture, un tiers pour l’eau et un tiers pour l’air [Ahmed, Ibn Majah & AlHakim]. En effet, le fait de trop manger alourdit le corps et l’esprit, fait apparaître le besoin de dormir, et détourne l’individu des œuvres salutaires, en le privant de gouter à la saveur de la foi. Or le but essentiel de se nourrir est de se maintenir en vie pour adorer Allah qui dit : Je n’ai créé les djinns et les hommes qu’afin qu’ils m’adorent [51;56].

La voie droite est donc celle du juste milieu en matière alimentaire comme dans tout aspect de la vie et du culte. Il convient de rechercher la nourriture halal sans trop exagérer dans ses investigations [Allah veut pour vous la facilité et ne veut pas la difficulté pour vous 2;185] et sans faire, à l’inverse, preuve de laxisme, en considérant que prononcer la basmallah sur la viande achetée n’importe où est suffisant. Et l’on doit se restaurer suffisamment et sans excès, selon sa nature, afin d’assurer correctement ses tâches et ses obligations quotidiennes.

Et Allah sait mieux !


Rubrique: Bien comprendre l'Islam