15:44 - Mercredi 26 septembre, 2018

- 15. Muḥarram 1440

Belles paroles & discours frivoles


Allah Élevé et Exalté dit : Bienheureux sont les croyants, humbles dans leurs prières, se détournant des futilités [23;3] ; lorsqu’ils entendent des futilités, ils s’en détournent, disant : A nous nos œuvres et à vous les vôtres, paix sur vous, nous ne cherchons pas les ignorants [28;55]. Al Tirmidhi et Al Hakim authentifient ce hadith du Prophète, qu’Allah le bénisse et le garde : La pudeur et le fait de parler peu sont des signes de foi ; la grossièreté et le fait de parler beaucoup sont des signes d’hypocrisie. Il décrit aussi, qu’Allah le bénisse et le garde, la foi parfaite en disant : Que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier dise du bien ou se taise [Al Boukhari & Mouslim]. Parmi les fléaux qui ont détournés et continuent de détourner les musulmans des œuvres bénéfiques et aimées d’Allah, il y a le fait de passer l’essentiel de son temps à débattre de sujets futiles, ne nous apportant rien de bon, que ce soit pour notre foi ou pour notre vie quotidienne : La plupart de leurs conversations ne comportent rien de bon, hormis la parole de qui recommande l’aumône, le bien ou la réconciliation entre les gens.  Nous donnerons bientôt une récompense sans limites à qui agit de la sorte avec le désir de plaire à Allah [4;114].

S’il est nécessaire de connaître son histoire et son passé, pour bien comprendre son présent et préparer son avenir (Est-ce que ne leur est pas parvenue l’histoire de ceux qui les ont précédés), l’Islam blâme ceux qui ressassent sans cesse le passé, son prestige perdu, ou les erreurs commises. Le Prophète nous a encouragés à avoir une démarche positive et à aller de l’avant : Cherche ce qui t’est bénéfique, demande l’aide d’Allah et ne baisse pas les bras, et ne dis pas : « Si seulement j’avais fait ainsi… », mais dis plutôt : « Ce qu’Allah avait destiné, Il l’a fait » ; parce que dans le « Si », il y a une porte ouverte au diable [Mouslim]. Que l’on comprenne bien ce hadith : on peut émettre des hypothèses en disant : « S’il pleut demain je resterai chez moi » mais ce qui est blâmé ici c’est de ne pas accepter ce qui nous était destiné, et de vouloir réécrire l’histoire ou vivre dans une époque révolue. Le croyant doit tirer les leçons de ses erreurs, s’en repentir si nécessaire, puis avancer, progresser et ne surtout pas stagner ou régresser.

Le fait de parler sans cesse des défauts d’autrui, au nom du droit à la critique et au conseil est une faute qui, en plus de nous détourner des bonnes œuvres, peut annuler le mérite de celles déjà accomplies. Et puis, entre la critique objective et la médisance, d’une part, et entre le conseil sincère et la dénonciation et la moquerie, d’autre part, il y a une grande différence que beaucoup ne font pas, qu’Allah nous préserve ! Le conseil se fait en tête à tête, avec douceur, et pas « dans le dos » de la personne, en public ou avec méchanceté. Il y a des gens qui se spécialisent dans la recherche des défauts d’autrui, les amplifient et oublient de mentionner les qualités des personnes qu’ils critiquent. Lorsqu’une fois, un homme maudit un musulman qui avait été trouvé saoul à plusieurs reprises, l’Envoyé d’Allah, paix et salut sur lui, intervint en mentionnant les qualités du pécheur et dit : Ne le maudissez pas, par Allah, je sais qu’il aime Allah et son Messager. Ne venez pas en aide au diable contre votre frère [Al Boukhari]. De plus, avant de chercher la brindille dans l’œil de nos frères, nous devrions commencer par retirer la branche qui est dans le nôtre, comme l’a suggéré le Prophète [Sahih, IbnHibban]. On a dit que la médisance est le métier de qui n’a rien de mieux à faire : Ô croyants (…) ne médisez pas les uns des autres. Y en a-t-il parmi vous qui souhaiterait manger la chaire du cadavre de son frère ?! Certainement pas, cela vous répugnerez, alors craignez Allah, et Allah est Accueillant au repentir et Miséricordieux [49;12].

Puis viennent les adeptes des polémiques philosophiques et métaphysiques qui n’ont ni queue ni tête. Al Tirmidhi rapporte que le Prophète, paix et salut sur lui, dit : Un peuple bien guidé ne se laisse pas aller aux polémiques sans s’égarer [hassan sahih], avant de réciter le verset : Il ne te le cite que pour la polémique, ils sont des gens chicaniers [43;58]. On a dit également : Lorsqu’Allah veut éprouver un peuple Il suscite la polémique entre eux et les prive des œuvres [utiles]. Entre dans cette catégorie le fait de se passionner pour les controverses entre les savants et pour les conflits qu’il peut y avoir entre eux,  passant son temps à parler de cela.

Vient ensuite, le fait de poser trop de questions. Se renseigner sur sa religion, et prendre l’avis de l’Islam en toute chose est nécessaire, c’est une obligation qui incombe à tous. Mais l’exagération en cela consiste à poser des questions sur des sujets que ni Allah ni son Prophète n’ont évoqués, non pas par oubli, mais par miséricorde. Ne m’interrogez pas sur ce dont je me suis tu, dit-le Prophète, paix et salut sur lui, car vos prédécesseurs n’ont échoué que du fait de leurs trop nombreuses questions et de leurs divergences avec leurs prophètes [Al Boukhari & Mouslim]. Il dit aussi, qu’Allah le bénisse et le garde : Prenez garde et évitez de poser trop de questions [Al Boukhari], car même celui qui se renseigne sur ses obligations ne doit pas chercher à apprendre tout l’Islam en l’espace d’une semaine ! Cette religion a été révélée en vingt-trois années, pour permettre à ses adeptes de s’accoutumer et d’assimiler ses prescriptions. Entre dans la catégorie des questions blâmables, le fait de poser des questions sur des sujets imaginaires ou fantaisistesjusqu’à ce que celles-ci se posent concrètement. Ibn Omar disait : Ne posez pas de questions sur des sujets imaginaires car j’ai entendu mon père (Omar) maudire qui agissait de la sorte.

Enfin, la dernière catégorie de discussions nocives sont celles au cours desquelles l’individu profère devant les gens de belles paroles qui ne seront pas suivies d’effet : Il en est parmi eux qui avaient pris l’engagement envers Allah : S’il nous donne de Sa grâce, nous payerons, certes, la zakat, et serons du nombre des gens de bien.* Mais, lorsque Il leur donna de Sa grâce, ils s’en montrèrent avares et tournèrent le dos en faisant volte-face.* Il a donc suscité l’hypocrisie dans leurs cœurs, et cela jusqu’au jour où ils Le rencontreront, pour avoir violé ce qu’ils avaient promis à Allah et pour avoir menti. * Ne savent-ils pas qu’Allah connaît leur secret et leurs conversations confidentielles et qu’Allah connaît parfaitement les choses cachées [9;75-78]. Allah dit : Ô croyants pourquoi dîtes-vous ce que vous ne faîtes pas ?! Dire ce que l’on ne fait pas est très grave devant Allah [61;2-3]. Celui qui est empêché d’accomplir une bonne action dans le présent par manque de moyens, et qui espère la réaliser dans le futur, devrait éviter de l’évoquer devant autrui, et devrait plutôt demander à Allah son aide, et son soutien pour sa réalisation, dans ses prières intimes : Invoquez-Le avec crainte et espoir, car la Miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants [7;56].

Et Allah seul sait…


Rubrique: La religion médiane