<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Journal &#187; Biographies</title>
	<atom:link href="http://www.alkahflejournal.com/rubrique/histoire/biographies/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.alkahflejournal.com</link>
	<description>ALKAHF</description>
	<lastBuildDate>Fri, 27 Mar 2020 14:57:34 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=3.9.40</generator>
	<item>
		<title>‘Abd Al Hamid Ibn Badis</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2015 11:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Samir]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=3871</guid>
		<description><![CDATA[<p>Nous avons vu dans nos précédents articles traitant des biographies des savants du mouvement de réforme contemporain que les bases de la pensée réformiste ont été posées entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle, avec notamment Jamal Al Din Al Afghani et Mohammed Abdou. Ce travail effectué, les savants, qui par... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/">‘Abd Al Hamid Ibn Badis</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/" ></div><br/><p><a href="http://www.alkahflejournal.com/wp-content/uploads/2015/05/benbadis3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3882" src="http://www.alkahflejournal.com/wp-content/uploads/2015/05/benbadis3-248x300.jpg" alt="benbadis3" width="248" height="300" /></a>Nous avons vu dans nos précédents articles traitant des biographies des savants du mouvement de réforme contemporain que les bases de la pensée réformiste ont été posées entre la fin du 19<sup>ème</sup> et le début du 20<sup>ème</sup> siècle, avec notamment Jamal Al Din Al Afghani et Mohammed Abdou. Ce travail effectué, les savants, qui par la suite ont suivi ce mouvement, ont pu alors consacrer une place plus importante à l&rsquo;action plutôt qu&rsquo;à la simple réflexion. Parmi eux, l&rsquo;un des plus éminents fut, sans aucun doute, l&rsquo;Imam Abd Al Hamid Ibn Badis.</p>
<p>Ibn Badis est né en 1889, à Constantine, dans l&rsquo;Est algérien. Durant son enfance, il y étudia les bases des sciences religieuses, de la langue arabe et mémorisa le Coran, avant de se rendre à Tunis pour parfaire ses connaissances en intégrant la prestigieuse université Al Zaytouna, où il obtint son diplôme au bout de quatre ans. Après un bref retour en Algérie, Ibn Badis décida d&rsquo;accomplir son pèlerinage et songea à s&rsquo;installer à Médine, mais un de ses maîtres lui recommanda plutôt de rentrer en Algérie où sa présence serait bien plus utile. Sur le chemin du retour il s’arrêta pourtant au Caire et y resta plus d&rsquo;un an. C&rsquo;est dans la capitale égyptienne qu&rsquo;il adopta pleinement la pensée réformiste au contact de Rachid Rida, dont nous avons déjà exposé la pensée dans un de nos articles.</p>
<p>Avant d&rsquo;aller plus loin, et étant donné le sens commun que revêt aujourd&rsquo;hui le mot réforme, il convient d&rsquo;en rappeler le sens afin d&rsquo;éviter toute confusion. Ainsi, la définition de la réforme est le retour d&rsquo;un ordre religieux à l&rsquo;observation de ses règles primitives, afin de retrouver l&rsquo;essence originelle de la Révélation et de rétablir sa forme la plus pure. La réforme ne consiste donc aucunement à modifier les sources, mais plutôt à en revivifier le sens à la lumière du contexte pour ne pas en trahir les objectifs et rester fidèle à l&rsquo;esprit de la Révélation. Cela nécessite une compréhension profonde, intelligente et dynamique des textes se traduisant par des actions justes et conformes dans le fond comme dans la forme.</p>
<p>Ceci étant dit, en 1914, à la suite de son séjour en Égypte, Ibn Badis retourna donc en Algérie enrichi de ses rencontres et de ses expériences, il avait alors 25 ans. Il se mit au travail sans attendre en consacrant son temps à la transmission de son savoir. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au sortir de la guerre, lorsque la situation fut plus stable, que son engagement put prendre une tout autre dimension. Conscient que de simples cours dans sa mosquée ne suffiraient pas à changer les choses, il entama un projet de prédication global, nourri par la volonté de participer à l&rsquo;éveil et au bien-être du peuple algérien.</p>
<p>À l&rsquo;instar de ses prédécesseurs, Ibn Badis utilisa la presse pour diffuser ses idées avec la publication du journal d&rsquo;opinion <em>Al Muntaqid </em>(Le Critique). Il y dénonçait les pratiques religieuses dévoyées et la passivité des algériens, préférant invoquer les saints plutôt que de se prendre en main et de s&rsquo;en remettre à Dieu dans leurs actions. Il combattait donc le polythéisme et le maraboutisme, à mille lieues des enseignements de l&rsquo;Islam. Dans le même temps, il critiquait les manquements du pouvoir, devenu arbitraire, et l&rsquo;immobilisme des élites religieuses et intellectuelles figées dans le passé. Cela lui valut d&rsquo;être interdit de publication, mais Ibn Badis ne se résigna pas pour autant, et quelques semaines plus tard seulement, il mit en place une nouvelle revue, <em>Al Shihab </em>(Le Flambeau), dans laquelle il poursuivra son œuvre.</p>
<p>En plus de dénoncer les dérives religieuses, Ibn Badis attachait une grande importance aux réalités socio-économiques et se préoccupait particulièrement des problèmes de pauvreté et d&rsquo;illettrisme. Toutefois, il ne se contentait pas d&rsquo;exposer les problèmes en espérant qu&rsquo;un miracle vienne les résoudre ; il était un travailleur acharné, et l&rsquo;une de ses forces était sa capacité de faire passer ses idées de la théorie à la pratique. Il s&rsquo;efforçait de proposer des solutions et surtout de les mettre en application. Pour Ibn Badis, la réforme devait s’articuler autour de trois axes que sont la langue (arabe littéraire), l’esprit (éveil des consciences) et le cœur (spiritualité).</p>
<p>Il se consacra alors à l&rsquo;action éducative, pilier du renouveau d&rsquo;une nation, en créant des écoles dans les plus grandes villes d&rsquo;Algérie. Il fit par ailleurs, ouvrir la première école pour jeunes filles de Constantine car l’instruction des filles était, selon lui, une condition nécessaire de la renaissance algérienne.</p>
<p>Il comprit surtout que l&rsquo;isolement ne lui permettrait pas de mener à bien ses projets. Il sut donc s&rsquo;entourer de personnes pieuses, motivées, mais aussi et surtout, compétentes avec lesquelles il collabora pour faire face aux priorités, laissant de côté les querelles. Il ne s&rsquo;est pas non plus laissé prendre au piège de la polémique, il était dans la construction utile plutôt que dans la confrontation stérile.</p>
<p>Cette collaboration fertile aura pour aboutissement la création de l’Association des <em>Oulamas</em> (savants) musulmans d’Algérie, qu’il présidera. Ce ne fut pas une énième institution avide de gloire et de prestige, mais une réelle organisation structurée et active, avec un solide programme religieux et socio-culturel.</p>
<p>La priorité restait la création d&rsquo;écoles pour lutter contre l&rsquo;analphabétisme et diffuser un savoir religieux authentique ancré dans la réalité. Mais cette nouvelle organisation permit également le développement d&rsquo;une multitude d&rsquo;activités comme la bienfaisance envers les pauvres et les nécessiteux, la création d&rsquo;associations théâtrales et sportives, le développement du scoutisme, et l&rsquo;ouverture de cercles culturels encourageant à la réflexion et la participation dans tous les domaines de la société.</p>
<p>Au niveau scientifique, notons qu’Ibn Badis était très productif, et qu’il laissa entre autres œuvres une exégèse complète de saint Coran, ainsi qu’un commentaire du <em>Mouwwata</em> de l’Imam Malik.</p>
<p>Ibn Badis était un visionnaire sincère qui inspirait ses compagnons par son savoir, sa modestie et son détachement de ce bas-monde. Son engagement et son endurance lui permirent d&rsquo;accomplir une œuvre gigantesque. Il ne se montrait jamais hostile envers ses adversaires et cherchait plutôt la conciliation. Il gagna, grâce à cette attitude noble, la confiance des élites comme de la masse et consacra sa vie à l&rsquo;aboutissement de son projet d&rsquo;une société réformée. Son rythme effréné, ses très courtes nuits de sommeil et ses nombreuses actions de terrain ne lui permirent pas de vivre jusqu&rsquo;à un âge avancé. Ibn Badis s&rsquo;éteint en 1940 à l&rsquo;âge de 51 ans, en ayant accompli ce que peu d&rsquo;hommes arrivent à accomplir en une vie.</p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/">‘Abd Al Hamid Ibn Badis</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/abd-al-hamid-ibn-badis/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Rachid Rida</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2015 11:30:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Samir]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=3824</guid>
		<description><![CDATA[<p>Nous avons eu l&#8217;occasion, dans de précédents articles, de traiter des débuts du grand mouvement de réforme initié à la fin du 19ème siècle par Jamal Al Din Al Afghani et Mohammed ‘Abdou. Dans la continuité directe de ces deux imams, nous allons traiter cette fois de l’œuvre de Rachid Rida. Rachid Rida est né... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/">Rachid Rida</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/" ></div><br/><p><a href="http://www.alkahflejournal.com/wp-content/uploads/2015/04/rida.png"><img class="alignleft size-full wp-image-4445" src="http://www.alkahflejournal.com/wp-content/uploads/2015/04/rida.png" alt="rida" width="227" height="257" /></a>Nous avons eu l&rsquo;occasion, dans de précédents articles, de traiter des débuts du grand mouvement de réforme initié à la fin du 19<sup>ème</sup> siècle par Jamal Al Din Al Afghani et Mohammed ‘Abdou. Dans la continuité directe de ces deux imams, nous allons traiter cette fois de l’œuvre de Rachid Rida.</p>
<p>Rachid Rida est né à Qalamoun, dans l&rsquo;actuel Liban, en 1865. Il débuta ses études islamiques à l&rsquo;école Rachidiyya de Tripoli, où il reçut un enseignement classique en sciences religieuses et en langue arabe. Il se rendit ensuite à Beyrouth pour y intégrer l’École Islamique Nationale afin de parfaire ses connaissances. Il y étudia auprès de Houssein Al Jisr qui était un homme ouvert et fin observateur des réalités de son époque. En plus de dispenser un enseignement théorique traditionnel, Al Jisr prenait soin de discuter de l&rsquo;actualité et de ses enjeux afin d&rsquo;en comprendre les tenants et les aboutissants, et de faire de ses élèves des observateurs éclairés maîtrisant à la fois les textes et le contexte. Cette méthode a énormément influencé Rachid Rida et a éveillé son intelligence aux problèmes concrets de son époque, dans le monde musulman et en dehors de celui-ci.</p>
<p>Dans le même temps, il découvrit les articles publiés par Al Afghani et Mohammed ‘Abdou et fut très impressionné par leurs idées de réforme. C&rsquo;est donc en toute logique qu&rsquo;il profita de l&rsquo;exil de ‘Abdou au Liban pour assister à ses cours pendant près de cinq ans. Lorsque ‘Abdou fut autorisé à rentrer en Égypte, Rida décida alors de tout quitter pour le suivre et s&rsquo;engager à ses côtés dans la prédication.</p>
<p>Sous l&rsquo;impulsion de Rida, l&rsquo;élève et le professeur vont entreprendre la création d&rsquo;une nouvelle revue, <em>Al Manar </em>(le phare) afin de diffuser leur pensée réformiste dans l&rsquo;ensemble du monde musulman et présenter l&rsquo;islam d&rsquo;une façon authentique sous un jour nouveau, moderne, attrayant et respectable.</p>
<p>La proximité des deux hommes et le succès grandissant de leur revue attisa les jalousies et suscita de nombreuses critiques. Mais cela n&rsquo;affecta en rien Rida qui était un homme déterminé et endurant, ne se souciant pas des obstacles qu&rsquo;il pouvait rencontrer. Au contraire, il redoublait d’effort pour atteindre ses objectifs, sans jamais tomber dans le fatalisme ou le découragement. Ainsi, à la mort de Mohammed ‘Abdou, en 1905, il poursuivit et développa ses idées, tout en continuant la publication d&rsquo;<em>Al Manar</em>, et ce pendant trente ans. Durant tout ce temps il reprit l&rsquo;exégèse coranique qu’avait entamé ‘Abdou en tentant de faire le lien entre les sagesses coraniques intemporelles et les enjeux de l&rsquo;époque contemporaine.</p>
<p>Dans la lignée de ‘Abdou, Rachid Rida mena un combat acharné contre l&rsquo;imitation aveugle et irréfléchie (<em>taqlid</em>) : <em>Je suis un adversaire de l&rsquo;imitation servile [aussi bien] en religion qu&rsquo;en ce qui concerne les choses de ce monde. </em>Le monde musulman qui souffrait alors déjà d&rsquo;un manque total d&rsquo;originalité, tant au niveau spirituel que temporel, peinait à trouver un souffle nouveau, tandis qu’une partie des nations d’Europe occidentale entamait leur révolution industrielle. Ainsi, alors que certains restaient désespérément englués dans un conservatisme borné, d&rsquo;autres à l&rsquo;inverse cherchaient à imiter à tout-va les nouveaux modèles de société venus du Nord. Cela poussa certains à remettre en cause tout ou parties des enseignements islamiques, allant même parfois jusqu’à reprendre les accusations selon lesquelles la religion de Dieu serait la cause du sous-développement et du retard des pays musulmans.</p>
<p>Le Cheikh Rida s&rsquo;inscrit donc dans une voie médiane, celle du réformisme visant à protéger les fondements de l&rsquo;Islam, tout en prenant en compte les évolutions et les progrès réalisés par les sociétés modernes dans leurs mise en application. Il démontra que l&rsquo;Islam authentique était tout à fait compatible avec le progrès et l&rsquo;innovation. Selon lui, c&rsquo;était au contraire l&rsquo;éloignement de la religion qui plongeait les pays musulmans dans l&rsquo;obscurantisme, et le salut ne pouvait donc provenir que d&rsquo;un retour à l&rsquo;Islam des origines, non pas dans sa forme mais essentiellement dans l’esprit.</p>
<p>Dans le même temps, il critiquait sévèrement l&rsquo;attitude passive des savants et des institutions religieuses telle qu&rsquo;Al Azhar dont il considérait que l&rsquo;enseignement avait été totalement dévoyé. Tout comme ‘Abdou, il militait pour une réforme profonde de l&rsquo;éducation et encourageait le retour à un <em>ijtihad </em>actif répondant aux problématiques de son époque.</p>
<p>Il formulait également de sévères critiques à l&rsquo;encontre de sectes soufies déviantes, qui s&rsquo;adonnaient à toutes sortes de transgressions et propageaient des pratiques répréhensibles sous couvert de religion, trahissant totalement la voie des premiers maîtres spirituels dont se réclamait Rida.</p>
<p>Rachid Rida œuvrait sur tous les fronts, il débordait d&rsquo;énergie et semblait infatigable. Aussi, pour atteindre ses objectifs, il décida de pousser son engagement au-delà de la simple réflexion entamée par Al Afghani et ‘Abdou, et élabora une véritable stratégie politique en envisageant pour la première fois la création d&rsquo;un parti. Il défendait l&rsquo;idée d&rsquo;une restauration du Khalifa sur le modèle de celui des premiers khalifes. Ceux-ci avaient été pour lui les pionniers dans l&rsquo;instauration des bases de l&rsquo;état moderne, notamment avec &lsquo;Omar Ibn Al Khattab dont les nombreuses innovations au niveau de l&rsquo;organisation étatique conservent toute leur modernité.</p>
<p>Comme tout vrai réformateur Rachid Rida a rencontré énormément d&rsquo;obstacles et d&rsquo;opposition mais ne s&rsquo;est jamais découragé. Il était doté d&rsquo;une endurance et d&rsquo;une détermination qui lui ont permis d&rsquo;aller au bout de ses convictions malgré l&rsquo;acharnement de ses ennemis. Il est à noter cependant que son projet de réforme visait en réalité les classes les plus cultivées et les plus instruites de la population. De ce fait, son discours n&rsquo;a jamais eu l&rsquo;effet souhaité chez la masse, ce qui, malgré tous ses efforts, limita fortement l&rsquo;impact de son œuvre, du moins de son vivant.</p>
<p>Son optimisme et son enthousiasme ont été et demeurent une vraie source d&rsquo;inspiration pour toute personne désirant œuvrer pour le bien de l&rsquo;humanité. Rachid Rida était un savant <em>moujtahid, </em>digne de l&rsquo;héritage scientifique musulman accumulé à travers les siècles. Il n&rsquo;était pas pour autant figé dans le passé, et a lui-même contribué à enrichir cet héritage par son immense production. C&rsquo;était un homme équilibré, ouvert sur le monde et résolument tourné vers le progrès, qui savait mêler la réflexion à l&rsquo;action et la tradition à la modernité.</p>
<p>Nous terminerons enfin, en évoquant que Rachid Rida n&rsquo;a pas pu mener à terme son travail d&rsquo;exégèse entamé dans la revue Al Manar. Le dernier verset commenté dans la revue était le verset 101 de la sourate Youssouf : &laquo;&nbsp;Ô mon Seigneur, Tu m&rsquo;as donné du pouvoir et m&rsquo;as enseigné l&rsquo;interprétation des rêves. [C'est Toi Le] Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon maître, ici-bas et dans l&rsquo;au-delà. <span style="text-decoration: underline;">Fais-moi mourir en parfaite soumission et fait moi rejoindre les vertueux</span>&laquo;&nbsp;. Nous espérons que cela soit un bon présage sur l&rsquo;acceptation de l&rsquo; oeuvre du cheikh. Qu&rsquo;Allah lui fasse miséricorde !</p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/">Rachid Rida</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/rachid-rida/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Mohammed &#8216;Abdou</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 16 Jan 2015 11:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Samir]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=3735</guid>
		<description><![CDATA[<p>Depuis les débuts de la révélation, l&#8217;Islam s&#8217;est illustré comme étant une religion dynamique et innovante, en rupture avec une société sclérosée par les superstitions et les traditions, et maintenue dans un immobilisme profitant au pouvoir en place, dont le seul souci était de sauvegarder ses privilèges. Le Prophète (paix et salut sur lui) a,... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/">Mohammed &lsquo;Abdou</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/" ></div><br/><p><a href="http://www.alkahflejournal.com/wp-content/uploads/2015/01/Image2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3737" src="http://www.alkahflejournal.com/wp-content/uploads/2015/01/Image2-300x224.jpg" alt="Image2" width="300" height="224" /></a>Depuis les débuts de la révélation, l&rsquo;Islam s&rsquo;est illustré comme étant une religion dynamique et innovante, en rupture avec une société sclérosée par les superstitions et les traditions, et maintenue dans un immobilisme profitant au pouvoir en place, dont le seul souci était de sauvegarder ses privilèges. Le Prophète <em>(paix et salut sur lui)</em> a, lui-même, révolutionné l&rsquo;Arabie dans laquelle il vivait, en y apportant bien-être, justice et équité, par la propagation d&rsquo;un monothéisme pur, dépouillé de tout intérêt mondain. C&rsquo;est ainsi que la civilisation musulmane, forte de cet esprit pur et audacieux, a rayonné durant des siècles avant de laisser place, à nouveau, au règne des traditions et des intérêts personnels menant au déclin et au démantèlement de l&rsquo;empire ottoman à la fin du 19è siècle.</p>
<p>C&rsquo;est durant cette période, en 1849, qu&rsquo;est né Mohammed &lsquo;Abdou, dans un petit village d’Égypte, au sein d&rsquo;une famille d&rsquo;agriculteurs. Son père qui tenait à ce qu&rsquo;il reçoive une éducation religieuse le confia à un cheikh auprès duquel il mémorisa le Coran, avant de l&rsquo;envoyer étudier les sciences islamiques au sein de l&rsquo;une des écoles les plus réputées d’Égypte. Après quelques mois à souffrir de l&rsquo;inefficacité des professeurs et devant une pédagogie qu&rsquo;il jugeait totalement inadaptée, &lsquo;Abdou préféra fuir. Une première fois, chez l&rsquo;un de ses oncles pour s&rsquo;adonner à l&rsquo;agriculture, puis une seconde fois chez son grand oncle paternel, le cheikh Darwish Khidr, au contact duquel il s&rsquo;opéra chez le jeune &lsquo;Abdou une véritable transformation. Son oncle prit soin de lui expliquer les choses de façon à la fois simple et profonde, jusqu&rsquo;à lui redonner goût pour les études. Il étudia toutes les matières classiques à l’université d’ Al Azhar. Il demeurait cependant très insatisfait et frustré de la méthode pédagogique qui consistait, selon lui, à <em>&lsquo;surcharger la mémoire des élèves d&rsquo;un fatras de connaissances grammaticales très embrouillées et de subtilités théologiques faites pour rétrécir l&rsquo;esprit et l&rsquo;empêcher de se développer&rsquo;. </em>Il ne voyait pas, dans la formation qu&rsquo;on lui proposait, de solutions aux problèmes que connaissait la société de son époque, et cela l&rsquo;affectait profondément.</p>
<p>Il fit alors la rencontre de l&rsquo;imam réformateur Jamal Al Din Al Afghani dont il devint le disciple et le plus proche collaborateur, et auprès de qui il trouva enfin ce qui lui avait manqué pendant toutes ses années d&rsquo;apprentissage, à savoir <em>&lsquo;une réflexion nouvelle et dynamique, tout entière tournée vers le raisonnement et l&rsquo;action&rsquo;.</em> Mohammed &lsquo;Abdou fut conquis par les opinions d&rsquo;Al Afghani sur la nécessité de réformer l&rsquo;enseignement des sciences religieuses et l&rsquo;importance de l&rsquo;unité des musulmans, et s&rsquo;engagea près de quinze années à ces côtés dans la réalisation de cet objectif. Ils s&rsquo;investirent ensemble sur le terrain social et politique, allant jusqu&rsquo;à appuyer une révolution qui visait à libérer l’Égypte de la mainmise étrangère, et dont l&rsquo;échec les poussera tous deux à l&rsquo;exil. Ils se consacrèrent alors essentiellement à l&rsquo;écriture, multipliant les publications depuis Beyrouth et Paris. Mais, devant les difficultés rencontrées et l&rsquo;échec de leurs actions, Mohammed &lsquo;Abdou se mit à remettre en question les méthodes de son maître qui était convaincu que seule une action politique pouvait mener à une révolution, qui, une fois accomplie, permettrait de remettre le pouvoir aux mains des peuples, qui <em>&lsquo;trouveraient en eux-mêmes, dans leur conscience et leur histoire, les éléments nécessaires pour réaliser un état meilleur&rsquo;.</em></p>
<p>Son sens aigu des réalités le poussa donc à s&rsquo;éloigner d&rsquo;Al Afghani afin de mettre en place son propre projet de réforme en privilégiant une action de long terme, basée sur l&rsquo;instruction et l&rsquo;éducation au détriment de la politique.</p>
<p>La première des grandes tâches qu&rsquo;il se fixa alors de réaliser &lsquo;<em>consistait à libérer l&rsquo;esprit des chaînes de l’imitation (al taqlid) ; à comprendre la religion comme la comprenaient les premiers musulmans, avant que les dissensions n&rsquo;eussent surgies entre eux ; à remonter à ses sources premières ; à la présenter comme une balance que Dieu nous a donnée pour éviter les exagérations de la raison humaine et diminuer ses erreurs ; et pour nous permettre d&rsquo;atteindre l&rsquo;état que Sa sagesse divine a assigné à l&rsquo;humanité.&rsquo; </em></p>
<p>Plutôt que de se borner à l’imitation apparente des compagnons ou imams du passé, Mohammed &lsquo;Abdou encourage à plutôt essayer de comprendre leur raisonnement et leur méthodologie afin de poursuivre leur effort d&rsquo;interprétation (<em>ijtihad</em>) et pouvoir proposer des réponses cohérentes aux problématiques de son époque. Il voit le <em>taqlid </em>comme une forme de trahison du message et de l&rsquo;héritage islamique induit par une paresse intellectuelle. <em>&lsquo;Nous avons trouvé nos ancêtres sur une religion et nous suivons leurs traces&rsquo; [43;23]</em></p>
<p>Il n&rsquo;appelait pas pour autant à l&rsquo;anarchie en permettant à quiconque de faire l&rsquo;<em>ijtihad</em>, mais plutôt à une élévation globale du niveau intellectuel par le biais de l&rsquo;éducation. D&rsquo;ailleurs, son deuxième objectif était de <em>&lsquo;régénérer la langue arabe&rsquo;</em> pour atteindre cette compréhension juste et éviter toute mauvaise utilisation des textes. Cela, afin de permettre un retour direct aux deux sources que sont le Coran et la Sounnah, et y puiser directement leurs sagesses intarissables.</p>
<p>Mohammed &lsquo;Abdou souhaitait ainsi sortir des débats statiques sur les points de détails, pour entrer dans la dynamique prophétique du changement et de la réforme, et dans la gestion des réalités sociales, politiques et économiques qui font la nation. Les polémiques stériles sur l&rsquo;apparence et les ramifications de la religion étaient pour lui une perte de temps et une source de division destructrice face aux défis que doit relever la communauté musulmane. Comment, en effet, rester fidèle aux exigences et aux objectifs d&rsquo;une Révélation universelle si l&rsquo;on reste figé sur les réflexions et débats des imams du passé et que la réalité du monde actuel nous échappe totalement ?</p>
<p>Vers la fin de sa vie, il profita de sa position de mufti d’Égypte et de membre du conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;université Al Azhar pour tenter de mettre en place ses réformes sociales au niveau de l&rsquo;éducation, de la famille, du statut de la femme, etc. Mais ses positions étaient tellement audacieuses, et il dut faire face à tellement d’oppositions, qu&rsquo;il préféra quitter ses fonctions avant de s&rsquo;éteindre en juillet 1905, sans avoir pu réaliser ses objectifs. Ses idées, cependant, ne sont pas mortes avec lui, et de nombreux successeurs vont tenter après lui de faire vivre sa pensée avec plus ou moins de succès comme nous auront l&rsquo;occasion de le voir dans nos prochains articles.</p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/">Mohammed &lsquo;Abdou</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/mohammed-abdou/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ibn Taymiyya</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Oct 2014 11:30:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Samir]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=3642</guid>
		<description><![CDATA[<p>Parmi tous les savants que compte l&#8217;héritage musulman, Ibn Taymiyya est probablement l&#8217;un des plus connus et des plus influents de notre histoire. C&#8217;est un personnage complexe, quasi-infaillible pour certains, égaré et dangereux pour d&#8217;autres. Il a suscité, et suscite encore l&#8217;exagération et les passions tant de ses partisans que de ses détracteurs, alors que... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/">Ibn Taymiyya</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/" ></div><br/><p>Parmi tous les savants que compte l&rsquo;héritage musulman, Ibn Taymiyya est probablement l&rsquo;un des plus connus et des plus influents de notre histoire. C&rsquo;est un personnage complexe, quasi-infaillible pour certains, égaré et dangereux pour d&rsquo;autres. Il a suscité, et suscite encore l&rsquo;exagération et les passions tant de ses partisans que de ses détracteurs, alors que lui-même prônait l&rsquo;équilibre et le juste milieu.</p>
<p>Le Cheikh Al Islam Taqi Al Din Ahmad Ibn Taymiyya, était originaire de Harran, dans l&rsquo;actuelle Turquie. Il est né en l&rsquo;an 661 de l&rsquo;Hégire (1263 E.C.), quelques années après le début des invasions mongoles, qui engendrèrent une grande instabilité au sein du monde musulman. Ibn Taymiyya était issu d&rsquo;une famille pieuse qui a compté plusieurs savants hanbalites, et a été, à ce titre, bercé dans les sciences religieuses depuis son plus jeune âge. Alors qu&rsquo;il était âgé de sept ans, la ville de Harran fut à son tour menacée par les tatars. Sa famille fut alors forcée de s&rsquo;exiler à Damas. Là, le jeune Ahmad put parfaire son éducation, et se démarqua très vite grâce à une capacité de mémorisation et d&rsquo;analyse hors du commun, mêlée à un amour sincère de la science et de la vérité. Bien qu&rsquo;issu de l&rsquo;école hanbalite, Ibn Taymiyya ne se contentait pas de suivre aveuglément les préceptes et avis de son <em>madhab.</em> Au contraire, son niveau de savoir lui permettait de rechercher sans relâche l&rsquo;avis le plus pertinent et le mieux argumenté dans chaque question. Par ailleurs, le contexte dans lequel il évoluait était radicalement différent de celui dans lequel les premières générations de savants avaient fourni leurs efforts d’interprétations. Aussi Ibn Taymiyya prit conscience qu&rsquo;il ne pouvait pas se contenter d&rsquo;appliquer des avis qui n&rsquo;étaient parfois plus en cohérence avec son époque. Il fallait reprendre la méthodologie des anciens dans <em>l&rsquo;ijtihad </em>afin de répondre aux défis de son temps en puisant directement de nouveaux avis dans le Coran et la Sounnah comme l’avaient fait auparavant les nobles compagnons et leurs disciples.</p>
<p>Mais cette audace et ce dynamisme qui rompaient avec la suffisance intellectuelle, le conservatisme et la passivité de nombreuses figures de l&rsquo;époque allaient bientôt éveiller inimitié et jalousie à son encontre. Ibn Kathir nous rapporte à ce sujet que certains de ces contemporains tentèrent de le discréditer pour mettre un terme à sa popularité grandissante, mais ne pouvant faire face à la force de son argumentation, ils s&rsquo;attaquèrent à l&rsquo;homme en propageant sur lui de fausses allégations. Il fut par exemple accusé injustement et condamné en Égypte pour anthropomorphisme, alors qu&rsquo;il suffit de lire ses traités sur le dogme pour se convaincre que cela n’était pas sa doctrine.</p>
<p>Ces épreuves n’entamèrent en rien sa détermination, bien au contraire. À sa sortie de prison, il redoubla d&rsquo;efforts pour dénoncer les fausses croyances introduites par les philosophies grecque et hindouiste en contradiction avec le Coran, ainsi que les exagérations des pseudo-soufis dans leur culte des saints. Il est cependant incorrect de dire qu&rsquo;Ibn Taymiyya rejetait le soufisme, la philosophie, ou encore la logique comme on peut le lire aujourd&rsquo;hui. Il cherchait plutôt à purifier chaque discipline et chaque mode de pensée de tout ce qui n&rsquo;était pas en accord avec la révélation, se tenant ainsi sur la voie du juste milieu. La multiplicité des fronts sur lesquels il s&rsquo;engageait ne faisait qu’augmenter le nombre de ses ennemis, ignorants, fanatiques, ou jaloux ; ce qui lui valut plusieurs aller-retours en prison tout au long de sa vie. Il ne tentera pourtant jamais de se venger de tous ses détracteurs, préférant plutôt leur pardonner.</p>
<p>L&rsquo;infatigable Ibn Taymiyya joua également un grand rôle pour repousser la menace mongole hors de Damas. Il encouragea le peuple et les gouverneurs à libérer les terres musulmanes de la domination des tatars, et s&rsquo;engagea lui-même dans les soulèvements. Après s&rsquo;être entretenu avec le chef des mongols, ce dernier dit de lui : &lsquo;<em>Je n&rsquo;ai jamais vu personne de semblable, personne dont le cœur est plus ferme, ni rien qui ait eu plus d&rsquo;impact en mon cœur que ses paroles, et je ne me suis jamais vu plus soumis à personne qu&rsquo;à lui&rsquo;</em>, à la suite de quoi il promit d&rsquo;épargner la vie des musulmans.</p>
<p>Bien qu&rsquo;il ait fait la démonstration de son savoir encyclopédique et de sa sincérité, Ibn Taymiyya ne cessa de provoquer des réactions virulentes en émettant des avis inédits, ou en remettant en cause d’autres sujets comme par exemple l’irrévocabilité d’un divorce prononcé trois fois de suite.</p>
<p>À la suite d’une épître sur la visite des tombes, dans lequel il fustige le culte des saints, il fut une nouvelle fois emprisonné dans la citadelle de Damas, où il mourra finalement à l&rsquo;âge de soixante-sept ans.</p>
<p>Ibn Taymiyya était un homme des plus engagés dans la réforme et la revivification de l&rsquo;esprit originel de l&rsquo;Islam. Il était capable de s&rsquo;affranchir des diktats d&rsquo;une pensée figée pour faire rejaillir des vérités ensevelies. Outre ses opinions parfois trop avant-gardistes, on reprocha aussi à Ibn Taymiyya son caractère peu commode. Son élève, Al Dhahabi dit à ce propos : &lsquo;<em>Malgré l’étendue de son savoir, l’immensité de sa bravoure, la finesse de son esprit et la jalousie qu’il éprouvait pour les choses sacrées de la religion, il demeurait un homme parmi les hommes, que n’épargnaient pas la rigidité dans les débats, ni la colère et l’emportement à l’encontre de ses contradicteurs. Ces traits de caractère semèrent chez ses opposants les graines de l’inimitié et du désaveu. Par Dieu, s’il avait su se montrer conciliant avec ses contradicteurs, s’il leur avait manifesté bonté, douceur et aménité, il aurait fait l’unanimité. Car les plus grands et les premiers de ses opposants s’inclinaient devant son savoir et son autorité de juriste, lui reconnaissant son expertise, son intelligence ainsi que la rareté de ses erreurs.&rsquo;</em></p>
<p>Ainsi sont les grands savants, en phase avec leur époque, engagés dans les sujets qui concernent la communauté, courageux dans leurs prises de positions, novateurs dans les avis qu’ils adoptent. Ils sont souvent la cible de campagnes de propagande, jalousés des savants officiels, redoutés des pouvoirs illégitimes ou injustes. Malgré cela, ils restent des humains avec leurs traits de caractère, sans quoi tout le monde les suivrait, et cela irait à l’encontre de l’épreuve à laquelle Dieu soumet nos consciences.</p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/">Ibn Taymiyya</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/ibn-taymiyya/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Moutarrif Ibn Abdoullah Ibn Chikhir</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2014 11:30:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Samir]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=3496</guid>
		<description><![CDATA[<p>Retenue et prudence en période trouble La plupart des observateurs éclairés affirment que le monde musulman connaît aujourd&#8217;hui l&#8217;une des plus grande fitna de son histoire. La fitna étant une situation de profonde confusion, dans laquelle il est difficile de distinguer le vrai du faux et le bien du mal. De la fitna naît le... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/">Moutarrif Ibn Abdoullah Ibn Chikhir</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/" ></div><br/><h2>Retenue et prudence en période trouble</h2>
<p>La plupart des observateurs éclairés affirment que le monde musulman connaît aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des plus grande <i>fitna</i> de son histoire. La <i>fitna</i> étant une situation de profonde confusion, dans laquelle il est difficile de distinguer le vrai du faux et le bien du mal. De la <i>fitna</i> naît le trouble, la discorde et le désordre. Il est alors bon de rechercher dans l&rsquo;histoire des situations analogues, desquelles tirer des enseignements et des exemples à suivre à travers la vie et les attitudes de nos pieux prédécesseurs. Parmi eux, Moutarrif Ibn Abdoullah Ibn Chikhir.</p>
<p>Moutarrif était un <i>tabi&rsquo;i </i>(de la génération succédant à celle des compagnons), fils d&rsquo;un compagnon. Né l&rsquo;année de Badr, ou celle de Ou<span style="text-decoration: underline;">h</span>oud, il n&rsquo;a lui-même jamais vu le Prophète <i>(paix et salut sur lui)</i>. Moutarrif fut l&rsquo;élève de grands compagnons, comme ’Ali, ’Aïcha, ’Othman, Abou Dhar et d’autres. C’est certainement &lsquo;Imran Ibn <span style="text-decoration: underline;">H</span>oussein duquel il apprit finalement le plus. Il a également côtoyé Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>assan Al Basri et Qatada parmi les grands <i>tabi’i.</i></p>
<p>Al Dhahabi l&rsquo;a décrit comme un Imam, et Ibn Sa’d dit de lui qu’il était : <i>une référence, un homme intelligent, bien élevé, scrupuleux dans sa pratique et ayant pris son savoir de sources sûres</i>.</p>
<p>Al Boukhari, Mouslim et les auteurs des <i>sounan et des masanid</i> rapportent de lui de nombreux <span style="text-decoration: underline;">h</span>adiths.</p>
<p>Il était un homme proche de Dieu et exaucé<i>. </i>Ibn Jarir raconte qu’un jour un homme, qui ne pouvait contenir sa jalousie à son égard, l&rsquo;accusa à tord d&rsquo;un crime qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas commis. Moutarrif implora immédiatement l’aide de Dieu. L’homme tomba au même instant. On accusa alors Moutarrif d’être responsable de cet accident, ce dont il se défendit en disant que son invocation avait simplement coïncidé avec le terme que Dieu avait décidé pour cet homme.</p>
<p>Moutarrif était un exemple pour les gens. Le jour où il perdit son fils, les gens lui reprochèrent le fait de s’être habillé de façon élégante et de ne pas manifester ostensiblement son chagrin. Moutarrif répliqua : <i>pourquoi donc ne serai-je pas serein tandis que Dieu m’a promis trois compensations pour le malheur qui me touche, chacune d’entre elles valant plus pour moi que tous les biens du bas-monde ? En effet, Dieu dit : fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint: “Certes nous sommes à Dieu, et c&rsquo;est à Lui que nous retournerons”. Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde ; et ceux-là sont les biens guidés [2;155-157].</i></p>
<p>On rapporte de lui de nombreuses paroles de sagesse faisant état de la profondeur de son savoir. C’est lui qui dit un jour : <i>me réveiller à sob<span style="text-decoration: underline;">h</span> triste de ne pas avoir fait mes prières nocturnes m’est préférable au fait de me lever imbu de moi-même et présomptueux du fait de quelques prières accomplies. Ne réussira pas celui qui est imbu de sa personne. </i></p>
<h2><b>Son refus de prendre part au soulèvement</b></h2>
<p>A<span style="text-decoration: underline;">h</span>mad rapporte de Mo<span style="text-decoration: underline;">h</span>ammad Ibn Sirin qu&rsquo;à l&rsquo;époque des grandes <i>fitnas</i>, sur dix mille compagnons encore en vie, seuls cent y ont pris part, les autres préférant s&rsquo;abstenir, s&rsquo;attachant ainsi aux conseils du Prophète <i>(paix et salut sur lui)</i> : &lsquo;<i>Il y aura des moments de troubles (fitan) durant lesquels celui qui restera chez lui sera meilleur que celui qui se lèvera…&rsquo; </i>ou encore, <i>&lsquo;il y aura un temps où la meilleure des choses pour le croyant sera de fuir avec sa religion au sommet d&rsquo;une montagne&rsquo; [Al Boukhari]</i>.</p>
<p>D&rsquo;après Al Boukhari et Mouslim, des gens ont reproché au compagnon &lsquo;Abdallah Ibn &lsquo;Omar de ne pas s&rsquo;impliquer dans le conflit entre Ibn Zoubayr et Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>ajjaj en lui demandant ce qui le retenait. Il a répondu qu&rsquo;Allah lui a interdit d’attenter à la vie de ses frères. Ils ont alors polémiqué avec lui en citant le verset qui ordonne au Prophète <i>(paix et salut sur lui)</i> et à ses compagnons de riposter à leurs ennemis et de ne pas relâcher la pression <i>jusqu’à ce qu’il n&rsquo;y ait plus d&rsquo;association et que la religion soit entièrement à Dieu [2;193]</i>. Il répondit que lui et les compagnons s’étaient en effet battus dans le passé pour éradiquer <i>la fitna</i>, tandis que selon lui, ceux qui combattaient aujourd&rsquo;hui ne faisaient que la propager, pour que la religion soit à un autre qu&rsquo;Allah.</p>
<p>Moutarrif s&rsquo;est largement inspiré du comportement de ces compagnons. Aussi, à l&rsquo;époque du cruel gouverneur Al Hajjaj Ibn Youssouf, une majorité de grands savants et de personnes pieuses s’est soulevée contre lui dans une tentative de révolution. Moutarrif et Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>assan Al Basri choisirent quant à eux de ne pas prendre part à ce mouvement.</p>
<p>Une fois, un groupe de dissidents kharijites vint prendre à partie Moutarrif au sujet de sa non-implication dans le conflit. Moutarrif répondit : <i>si j’avais deux âmes, peut-être vous suivrais-je avec l’une d’entre elles et laisserais l’autre en retrait (…) mais je n’ai qu’une âme et ne souhaite pas l’engager dans cette voie. </i></p>
<p>Cette position de Moutarrif ne peut absolument pas être assimilée à de la lâcheté. Moutarrif a simplement constaté que tous les insurgés ne partageaient pas le même objectif noble d’établir un gouvernement plus juste, ni les mêmes principes et valeurs. Il y avait parmi eux le pieux et le pervers, le savant et l’ignorant, le juste et l’injuste.</p>
<p>Il est donc essentiel en période de troubles de vérifier ses sources d&rsquo;information, et de ne pas se précipiter dans un conflit opaque, dont les motivations demeurent obscures, et dont on ignore les tenants et les aboutissants. <i>&lsquo;Celui qui se bat sous un étendard flou, par passion ou esprit tribal, tout en appelant à l&rsquo;esprit de clan et meurt durant son combat, meurt dans un état de jahiliyya (comme s’il n’était pas musulman)&rsquo; [Mouslim].</i></p>
<p>Moutarrif opta pour l’obéissance au despote de son époque dans ce qui ne constituait pas une désobéissance à Allah. Cela ne signifie pas qu’il acceptait l’injustice ou s’en réjouissait. Il n&rsquo;incitait jamais à l&rsquo;insurrection, mais optait plutôt pour la voie pacifique, celle de la réforme du peuple, car souvent les gens ont les gouverneurs qu’ils méritent.</p>
<p>Cette position de résistance pacifique se retrouve dans l’avis de &lsquo;Othman lorsque -durant son Califat &#8211; il autorisa les gens à prier derrière un imam du groupe rebelle, bien que celui-ci contestait son pouvoir ô combien légitime et juste. Ibn &lsquo;Omar ne s&rsquo;interdisait pas non plus de prier derrière un <i>khariji</i>, et même derrière le despote criminel, Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>ajjaj, car le fait de prier derrière une personne injuste n&rsquo;annule pas la prière si sa croyance est avérée, tant que les conditions pratiques de la prière sont respectées.</p>
<p>Le Prophète r a même interdit de se rebeller contre le gouverneur injuste, tant que ce dernier accomplit ses obligations religieuses. Mais cette interdiction est levée dès lors qu&rsquo;il affiche clairement sa désobéissance et sa perversion. Cela ne doit pas nous empêcher de détester ses agissements, de dénoncer le mal, même publiquement, par des méthodes non-violentes, comme nous l&rsquo;avons vu dans notre article sur Al &lsquo;Izz Al Din Ibn Abd Al Salam.</p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/">Moutarrif Ibn Abdoullah Ibn Chikhir</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/moutarrif-ibn-abdoullah-ibn-chikhir/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le roi des savants, Izz Ibn Abd Al Salam</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 May 2014 11:30:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Samir]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=3392</guid>
		<description><![CDATA[<p>Parmi les grands hommes qui ont marqué l&#8217;histoire musulmane, peu ont eu l&#8217;occasion de s&#8217;illustrer comme l&#8217;a fait le cheikh al Islam &#8216;Izz Al Din Ibn Abd Al Salam à son époque. Il s&#8217;est distingué dans tous les domaines du savoir et de la spiritualité, surpassant la plupart de ses contemporains. Il n&#8217;en était pas... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/">Le roi des savants, Izz Ibn Abd Al Salam</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/" ></div><br/><p>Parmi les grands hommes qui ont marqué l&rsquo;histoire musulmane, peu ont eu l&rsquo;occasion de s&rsquo;illustrer comme l&rsquo;a fait le <i>cheikh al Islam</i> &lsquo;Izz Al Din Ibn Abd Al Salam à son époque. Il s&rsquo;est distingué dans tous les domaines du savoir et de la spiritualité, surpassant la plupart de ses contemporains. Il n&rsquo;en était pas moins un homme d&rsquo;action qui a énormément œuvré au service de sa religion.</p>
<p>&lsquo;Izz Al Din Ibn Abd Al Salam, plus connu sous son diminutif d&rsquo;Al &lsquo;Izz, et surnommé le roi des savants <i>(soultan al ‘oulama),</i> est né à Damas en 577 H. (1182 E.C.). Il étudia auprès des plus grands savants de son temps, tels Ibn Asakir, ou encore Abou Mo<span style="text-decoration: underline;">h</span>ammed Al Qassim.</p>
<p>Le biographe Al Dhahabi dit de lui que dans sa maîtrise de la jurisprudence, dans sa dévotion et dans sa connaissance de Dieu, il a atteint ce degré rare et parfait qui permet au savant d&rsquo;exercer l&rsquo;<i>ijtihad </i>en interprétant la Loi révélée de Dieu pour en déduire directement de nouvelles règles. Aussi, lorsque Al &lsquo;Izz est arrivé en Egypte, l&rsquo;imam Al Moundhiri a arrêté de donner des avis juridiques, prétextant qu&rsquo;il ne convenait pas pour un juriste de donner son avis alors que &lsquo;Izz Al Din était présent !</p>
<p><b>Au-delà de son savoir immense, c’est plutôt par son action qu’Al ‘Izz s’est distingué, en mettant en pratique ses connaissances, luttant sur tous les fronts pour défendre l&rsquo;Islam </b>et améliorer la condition des gens. Il était doté d&rsquo;un courage exceptionnel, et ne reculait jamais lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agissait de faire triompher la vérité, fusse-t-il contre le plus puissant des hommes. Cela lui valu d&rsquo;être emprisonné après s&rsquo;être élevé ouvertement contre le sultan Salih Ismail qui avait fait alliance avec l&rsquo;ennemi, contre des musulmans, pour consolider son pouvoir et prendre le contrôle de l&rsquo;Egypte. Le sultan qui avait, malgré tout, besoin de l’appui du savant pour gagner l’opinion publique, lui offrit de le gracier s&rsquo;il consentait à se ranger de son côté et de lui baiser les mains. Al &lsquo;izz répondit à ses émissaires : <i>&lsquo;Comme votre proposition est étrange ! Vous espérez de moi que j&rsquo;embrasse les mains du sultan, alors que je refuserai qu&rsquo;il embrasse les miennes ?! Vraiment vous et moi vivons dans deux mondes qui n’ont rien à voir !&rsquo;</i> À la mort du sultan, il fut reçut en Egypte, avec les honneurs, par le roi Ayyoub, qui le nomma juge suprême et en fit son conseiller.</p>
<p>Un jour alors que le roi organisait une grande réception où étaient présents tous les grands du royaume, Al &lsquo;Izz l&rsquo;interpella publiquement pour lui reprocher le fait que les boissons alcoolisées, que l’Islam interdit, étaient vendues librement, dans une société très majoritairement musulmane, et avec tous les troubles que cela générait. Il n&rsquo;avait pas l&rsquo;intention de nuire au roi, ni de l&rsquo;humilier, son objectif était de lui faire prendre conscience de ses responsabilités face à Dieu en tant que gouverneur. Au terme de la discussion, Ayyoub accepta humblement son conseil et prit les mesures qui s’imposaient. Une autre fois, on l&rsquo;informa qu&rsquo;un ministre avait fait bâtir un lieu de débauche au-dessus d&rsquo;une mosquée. Furieux, Al &lsquo;Izz sortit lui-même, accompagné de son fils, pour détruire cette construction, à la suite de quoi il inscrivit ce ministre sur la liste des personnes dont on ne peut accepter le témoignage. Confiant dans sa position, le ministre reçut cette décision avec mépris, mais voyant finalement que sa légitimité avait été sérieusement ébranlée, il finit par se repentir.</p>
<p>Al &lsquo;Izz était intransigeant quant au fait de propager le bien et mettre fin aux turpitudes. Il dédia sa vie à ce noble objectif quand bien même cela lui aurait été néfaste, en application du verset suivant :<i> &lsquo;Pourquoi exhortez-vous un peuple qu’Allah va anéantir ou châtier d’un châtiment sévère ?&rsquo; Ils répondirent : &lsquo;Pour dégager notre responsabilité vis-à-vis de votre Seigneur ; et peut-être deviendront-ils pieux !&rsquo; [7;164]. </i><b>Une telle attitude permet d&rsquo;ancrer la vérité dans les cœurs, d&rsquo;inspirer les autres à faire de même et de créer une dynamique de changement vers le bien grâce au soutien massif de la population</b>. Aussi, rappelons que le fait de blâmer un mal n&rsquo;est pas sans conditions. Pour se faire, il faut que le mal fasse l&rsquo;unanimité dans son interdiction, qu&rsquo;il ait été constaté de tous, de façon explicite et évidente, et que cela n’entraîne pas un mal plus grand encore.</p>
<p>&lsquo;Izz Al Din joua un rôle essentiel face à l&rsquo;invasion des armées mongoles, qui après avoir détruit Bagdad, la capitale musulmane, menaçaient l’Égypte, et même l&rsquo;Europe. Il était alors le plus proche conseiller du sultan Al Moudhaffar Qoutouz, plus connu sous le nom de Sayf Al Din. Il déploya toute son énergie pour unir les musulmans et repousser l&rsquo;envahisseur, qui constituait une menace comme jamais l&rsquo;empire musulman n&rsquo;en avait connu alors. Il organisa une campagne de mobilisation sans précédent, et participa à l&rsquo;élaboration des stratégies en compagnie des princes et des chefs. Ces derniers souhaitèrent imposer au peuple le financement de l&rsquo;effort de guerre par une augmentation des taxes. Al &lsquo;Izz, fidèle à ses principes de justice et d&rsquo;équité, formula cependant un avis juridique tout à fait différent ; &lsquo;<i>Si vous augmentez les impôts des citoyens, déjà lourdement taxés, alors que les princes et la noblesse mènent un train de vie luxueux, ils vont se sentir injustement traités. Avant de réclamer à la population, il faut que vous- mêmes ayez dépensé votre surplus, vos parures, et vos pierres précieuses, devenant ainsi semblable au reste de la population. Alors seulement vous pourrez compter sur le soutien de Dieu puis du peuple. Sachez que l&rsquo;on ne peut prétendre combattre pour la cause de Dieu tant que l&rsquo;injustice règne dans notre société.&rsquo; </i>Certains princes tentèrent de s&rsquo;opposer à cet avis, mais ils ne pouvaient résister face à la détermination du roi des savants.</p>
<p>&lsquo;Izz Al Din mourut en 660 H. (1261 E.C.) en Egypte, deux ans après la victoire sur les mongols. Il fut parmi ces savants, aujourd’hui rares, dignes et vrais héritiers des prophètes. Parmi ceux qui vouèrent leur vie entière à prêcher le bien, à promouvoir la justice, rappelant à l’ordre les puissants, plein de compassion envers les peuples démunis, fermes et infatigables dans leur tâche, ne redoutant le blâme ou la menace de quiconque. Le monde musulman pleura abondamment la perte de celui qui combattait l&rsquo;injustice sans compromis.</p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/">Le roi des savants, Izz Ibn Abd Al Salam</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/izz-ibn-abd-salam/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les dérives d’Al Hallaj</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2014 11:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=3370</guid>
		<description><![CDATA[<p>Nous avons toujours eu pour principe de présenter les biographies des gens pieux de la communauté musulmane, afin de proposer à nos lecteurs des modèles à suivre et d’encourager (tabchir) les gens. Aussi, parfois, la pédagogie impose de citer des contre-exemples, des modèles à ne pas suivre, afin de mettre les gens en garde (al... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/">Les dérives d’Al Hallaj</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/" ></div><br/><p>Nous avons toujours eu pour principe de présenter les biographies des gens pieux de la communauté musulmane, afin de proposer à nos lecteurs des modèles à suivre et d’encourager <i>(tabchir)</i> les gens. Aussi, parfois, la pédagogie impose de citer des contre-exemples, des modèles à ne pas suivre, afin de mettre les gens en garde <i>(al indhar).</i> Ces deux méthodes sont employées dans le Coran et dans la Sounnah : <i>Et raconte-leur l&rsquo;histoire de celui à qui Nous avions donné Nos signes et qui s&rsquo;en écarta. Le diable, donc, l&rsquo;entraîna dans sa suite et il devint ainsi du nombre des égarés [7;175] ; Dieu a cité en parabole pour ceux qui ont mécru la femme de Noé et la femme de Lot… [66;10], Certes Qoré faisait parti du peuple de Moïse… [28;76].</i> Aussi, ce mois-ci avons-nous décidé d’aborder la vie d’un pseudo-cheikh qui a égaré nombre de musulmans. Car le phénomène du charlatanisme et de l’utilisation de la religion par des individus mauvais qui cherchent à obtenir un profit ou une renommée a toujours existé, et plus encore dans les époques où l’ignorance est repandue. Et cela perdurera et prendra de l’ampleur, jusqu’à la venue du faux messie, Al Dajjal, <i>que Dieu le Très Haut nous épargne de son mal et de celui de tout charlatan !</i></p>
<p>Abou Al Mansour, <span style="text-decoration: underline;">H</span>oussein Al Farissi, dit Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>allaj, se prétendait un cheikh soufi, un maître spirituel, tandis qu’en vérité il ne l’était pas &#8211; et c’est là l’opinion de la majorité des savants, parmi lesquels Al Soulami -. <b>Il parlait très bien</b> et utilisait cet art pour impressionner les gens peu au fait de l’Islam, par de belles paroles et en leur faisant entendre ce qu’ils voulaient entendre. Or le Coran nous avertit : <i>Il y a parmi les gens celui dont la parole sur la vie présente te plaît, et qui prend Dieu à témoin de ce qu&rsquo;il a dans le cœur, tandis que c&rsquo;est le plus acharné disputeur [2;204]. </i>Et le Prophète <i>(paix et salut sur lui)</i> de nous mettre en garde en nous disant que <i>certains discours éloquents relèvent de la sorcellerie [Al Boukhari], </i>tant certains rhétoriciens sont capables de subjuguer les intelligences par l’habileté de leurs discours.</p>
<p>Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>allaj avait pourtant dans sa jeunesse <b>assisté à de nombreuses leçons</b> du grand cheikh de Baghdad, Al Jounayd, mais cela ne lui fut malheureusement pas utile. Dieu dévoile avec le temps, et au travers des épreuves les intentions des gens. Parmi les gens qui s’assoient aux assemblées de bien, il y a celui qui cherche le salut et la satisfaction Divine, et celui qui cherche à être vu des gens, et à gagner leurs cœurs pour mieux ensuite les asservir, et les utiliser à l’assouvissement de ses désirs personnels.</p>
<p>Par ailleurs lors de ces leçons, Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>allaj avait déjà manifesté <b>son penchant à se faire remarquer </b>en posant régulièrement des questions étranges sur des sujets équivoques, et dans un langage compliqué. Dieu dit : <i>Les gens, donc, qui ont au cœur une inclinaison vers l&rsquo;égarement, mettent l&rsquo;accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n&rsquo;en connaît l&rsquo;interprétation, à part Dieu [3;7].</i></p>
<p>Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>allaj impressionnait aussi ses disciples en affichant <b>une pratique d’apparence rigoureuse</b> et en faisant des simagrées devant eux. Mais les savants et les gens instruits de son époque voyaient qu’en fait, il ne pratiquait qu’innovations et ostentation, comme ce jour où ils le trouvèrent en méditation sous le soleil en pleine canicule. Rappelons-nous que les élus d’Allah sont ceux qui s’en tiennent à la Sounnah &#8211; dans son sens global &#8211; et même s’ils se contentent de pratiquer le minimum obligatoire.</p>
<p>Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>allaj <b>prétendait avoir la capacité de lire dans les cœurs </b>et de connaître les choses cachées, c’est d’ailleurs pour cela qu’on l’a surnommé ainsi. Pourtant le Coran affirme que ce pouvoir n’appartient qu’à Allah, et cela relève du dogme : <i>(Dieu) connaît la trahison des yeux, tout comme ce que les poitrines cachent [40;19].</i></p>
<p>On rapporte également, qu’Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>allaj avait <b>recours aux forces occultes</b> (les Jinns), aux moyens desquels il parvenait à réaliser des illusions et des pseudo-miracles. Or si la réalisation d’un acte d’apparence extraordinaire était un gage de véracité ou d’agrément, nous devrions alors suivre les magiciens et illusionnistes, en dépit de leur foi et de leur morale ! Mais les choses ne sont pas ainsi, et le seul critère distinctif entre les élus de Dieu et ceux du diable, est d’observer leur pratique, leur comportement, leur croyance et leur attachement aux Textes.</p>
<p>Al <span style="text-decoration: underline;">H</span>allaj atteint finalement l’apogée de son hérésie et de son égarement en <b>prétendant à l’incarnation de Dieu</b>, ce qui lui valut la condamnation unanime de tous les grands de son époque, Al Jounayd compris. Le principe d’incarnation n’est pas correct. Cela ne sied pas à Dieu. Il est en fait bien au-dessus de tout ce que l’on peut imaginer, dans Sa pureté, dans Sa force, dans Sa grandeur, Sa puissance, Son savoir et Son immensité. <i>Ils n&rsquo;ont pas estimé Dieu comme Il devrait l&rsquo;être alors qu&rsquo;au Jour de la Résurrection, Il fera de la terre entière une poignée, et les cieux seront pliés dans </i>S<i>a droite. Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu&rsquo;ils Lui associent [39;67].</i></p>
<p>Voici donc résumée l’histoire de cet imposteur qui fut la cause de l’égarement de beaucoup de musulmans qui le considéraient comme un grand cheikh incompris des savants supposés jaloux de lui et ignorants de ses pseudo-miracles. Prends garde cher lecteur, à tout individu qui tient des propos étonnants, et s’écarte de la voie du Prophète et des quatre califes en adoptant des avis étranges, marginaux ou inventés et en pratiquant des choses que la morale condamne en leur donnant une légitimité religieuse.</p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/">Les dérives d’Al Hallaj</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/al-hallaj/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Abd Al Qader Al Jilani</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 07 Mar 2014 11:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Samir]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=3281</guid>
		<description><![CDATA[<p>Allah a réuni en notre modèle parfait, notre illustre exemple, le Prophète Mohammed (paix et salut sur lui), toutes les qualités du bon musulman. En effet, il était doté d&#8217;une connaissance parfaite de Son Seigneur, d&#8217;une compréhension globale et profonde de Ses Lois, d&#8217;un excellent caractère, et d&#8217;un comportement irréprochable. Un tel niveau d&#8217;accomplissement et... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/">Abd Al Qader Al Jilani</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/" ></div><br/><p>Allah a réuni en notre modèle parfait, notre illustre exemple, le Prophète Mohammed <i>(paix et salut sur lui)</i>, toutes les qualités du bon musulman. En effet, il était doté d&rsquo;une connaissance parfaite de Son Seigneur, d&rsquo;une compréhension globale et profonde de Ses Lois, d&rsquo;un excellent caractère, et d&rsquo;un comportement irréprochable.</p>
<p>Un tel niveau d&rsquo;accomplissement et d&rsquo;équilibre ne peut plus être atteint après lui, mais nous devons cependant nous efforcer de nous en approcher au maximum.</p>
<p>Pour nous aider dans cette tâche, les différents aspects de la foi et de la pratique ont été, au fil des siècles, développés en sciences par nos savants. Aussi, dans chacune des disciplines religieuses nous avons vu apparaître des références, qui par leurs efforts et leurs travaux restent jusqu&rsquo;à nos jours des exemples à suivre. Parmi eux, nous pouvons citer à titre d&rsquo;exemple, l&rsquo;imam Malik dans le <i>fiqh</i>, Ibn Kathir dans l’exégèse du Coran, Al Boukhari dans les sciences du <span style="text-decoration: underline;">h</span>adith, ou encore Sibawayh dans la langue arabe. Mais il est un domaine que l&rsquo;on néglige beaucoup aujourd&rsquo;hui alors qu&rsquo;il a une importance considérable dans la réussite du croyant : il s&rsquo;agit de l&rsquo;éducation spirituelle, le <i>tasawwouf</i>, dont l&rsquo;un des plus grands maîtres fut l&rsquo;imam &lsquo;Abd Al Qader Al Jilani, à qui nous allons nous intéresser.</p>
<p>&lsquo;Abd Al Qader Al Jilani est né en l&rsquo;an 472 de l&rsquo;Hégire (1077 EC), dans la province de Jilan au nord de la Perse. Les généalogistes font remonter ses origines jusqu&rsquo;à &lsquo;Ali Ibn Abi Talib. Il montra dès son enfance des dispositions spirituelles exceptionnelles, qui le poussèrent, à l&rsquo;âge de dix-huit ans à quitter son foyer pour se rendre à Bagdad, alors centre du savoir par excellence, afin d&rsquo;y étudier les sciences islamiques. Il est rapporté que lors de son voyage vers Bagdad, la caravane qu&rsquo;il accompagnait fut attaquée par des brigands, dont l&rsquo;un d&rsquo;eux lui demanda s&rsquo;il avait sur lui quelque chose de valeur. &lsquo;Abd Al Qader Al Jilani répondit spontanément qu&rsquo;il avait quarante pièces d&rsquo;or cachées dans son habit. Le voleur qui se croyait abusé fut surpris lorsqu&rsquo;il constata que cela était vrai, et en informa son chef. Lorsque ce dernier l&rsquo;interrogea sur la raison de cet aveu surprenant, il répondit simplement qu&rsquo;il avait pris l&rsquo;engagement de ne jamais mentir auprès de sa mère. Son attitude pleine de sincérité et d’innocence fut la cause du repentir de la bande de brigands.</p>
<p>&lsquo;Abd Al Qader arriva donc à Bagdad autour de 490H. et y étudia de nombreuses sciences jusqu&rsquo;à devenir une référence, notamment dans le <i>fiqh </i>hanbalite. Et ce n&rsquo;est qu&rsquo;une fois après avoir maîtrisé la compréhension des textes sacrés qu&rsquo;il s&rsquo;initia à la discipline spirituelle, d&rsquo;abord auprès du cheikh Hammad Al Dabbas, puis du grand maître de l&rsquo;époque, le cheikh Al Moubarak Sa&rsquo;id. Il y avait alors une grande rivalité entre les tenants du <i>fiqh </i>et les tenants de l&rsquo;école spirituelle : les soufis. Il est vrai que nombre d&rsquo;entre eux s&rsquo;écartaient de la tradition prophétique, les uns méprisants les autres. Aussi, bien qu&rsquo;Al Jilani soit totalement sincère dans sa démarche, les aspirants dans la voie spirituelle voyaient d&rsquo;un mauvais œil qu&rsquo;un juriste se mêle à eux, tout comme les juristes répugnèrent le fait qu&rsquo;il consacre du temps au <i>tasawwouf. </i>Il parvint cependant à concilier le meilleur des deux disciplines, et à en extraire les déviances, alliant à la perfection l&rsquo;intellect au spirituel, et fit rapidement l&rsquo;unanimité auprès des gens du savoir de Bagdad, toutes disciplines confondues. Il résumait sa pensée en ces termes : &lsquo;<i>Toute vérité pour laquelle la Législation ne témoigne point n&rsquo;est qu&rsquo;égarement. Envole-toi vers le Vrai en battant des ailes du Coran et de la Sounnah. Et présente-toi devant Lui, main dans la main avec le Messager d’Allah&rsquo; (Le secret des secrets).</i> Parmi les savants qui lui succédèrent, nous retiendrons ce témoignage du <i>cheikh al Islam</i> Ibn Taymiyya : <i>&lsquo;Quant aux gens de la droiture parmi les itinérants qui cheminent vers Dieu, comme (…) Cheikh `Abd Al Qader Al Jilani et d’autres, ils refusent que l&rsquo;itinérant fasse une entorse aux commandements et aux interdits. Au contraire, [ils exigent] qu’il applique les ordres divins et s’écarte des interdits jusqu’à sa mort. Et ceci est la vérité enseignée par le Coran et la Sounnah, et le consensus des prédécesseurs. Et cela revient souvent dans leurs paroles&rsquo;.</i></p>
<p>À la suite d&rsquo;un long cheminement, et après avoir obtenu l&rsquo;approbation des grands savants de Bagdad, l&rsquo;Imam &lsquo;Abd Al Qader Al Jilani se mit à dispenser ses propres enseignements, réconciliant ainsi le droit et la spiritualité, en prouvant que les deux disciplines n&rsquo;étaient pas contradictoires, mais bien complémentaires, et que l’une sans l’autre n’est qu’une pâle représentation de l’Islam authentique. Il exhortait ses élèves à peser chaque acte à la lumière du Coran et de la Sounnah, et dans le même temps il s&rsquo;appliquait à leur enseigner l&rsquo;amour d&rsquo;Allah, et le renoncement à l&rsquo;amour des choses de ce bas-monde. Des milliers de gens assistaient à ses leçons, et des milliers d&rsquo;autres embrassèrent l&rsquo;islam par sa cause, convaincus par sa piété et sa sincérité, ce qui lui valut le titre de <i>Mou<span style="text-decoration: underline;">h</span>yiddin</i>, le vivificateur de la religion.</p>
<p>Son élévation spirituelle, son immense savoir et son détachement du bas-monde ont fait de lui l&rsquo;un des plus grands saints de l&rsquo;Islam. Tous les savants s&rsquo;accordent sur le fait qu&rsquo;il ait été à l&rsquo;origine de nombreux prodiges (<i>karamat</i>), ce qui prouve sa sainteté et sa proximité avec Allah. Il existe malheureusement beaucoup d&rsquo;exagérations dans les histoires et les propos qui lui sont attribués, dont la plupart ne sont que des mythes et des légendes, et qui vont souvent à l&rsquo;encontre de ses propres enseignements.</p>
<p>Le prodige le plus éclatant qui lui revient sans aucun doute est que Dieu a fait de lui une cause de guidance pour de nombreuses personnes, et cela même après sa mort.</p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/">Abd Al Qader Al Jilani</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/cheikh-abd-al-qader-al-jilani/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L’Imam Al Nawawi</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 07 Feb 2014 11:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Samir]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=3233</guid>
		<description><![CDATA[<p>L&#8217;imam Mohieddine Yahya Al Nawawi est né en 631 de l&#8217;Hégire (1233 EC) dans le village de Nawa au sud de Damas en Syrie. Il n&#8217;est pas issu d&#8217;une famille de savants célèbres, mais plutôt d&#8217;une famille modeste qui s&#8217;est illustrée par sa piété et sa crainte de Dieu. Il hérita lui-même de cette piété... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/">L’Imam Al Nawawi</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/" ></div><br/><p>L&rsquo;imam Mo<span style="text-decoration: underline;">h</span>ieddine Ya<span style="text-decoration: underline;">h</span>ya Al Nawawi est né en 631 de l&rsquo;Hégire (1233 EC) dans le village de Nawa au sud de Damas en Syrie. Il n&rsquo;est pas issu d&rsquo;une famille de savants célèbres, mais plutôt d&rsquo;une famille modeste qui s&rsquo;est illustrée par sa piété et sa crainte de Dieu. Il hérita lui-même de cette piété qui se manifesta dès son plus jeune âge par un amour et un attachement particulier au Coran. Il se démarqua ainsi des autres enfants en dédiant l&rsquo;essentiel de son temps aux études. Un jour, alors que des enfants le forcèrent à jouer avec eux, il se mit à pleurer du fait qu&rsquo;il fut contraint de leur accorder du temps, alors qu&rsquo;il aurait préféré consacrer ce temps à la lecture du Livre d&rsquo;Allah, qu&rsquo;il récitait en toute circonstance. Le cheikh Ibn Youssouf al-Marakashi qui avait observé la scène dit alors à l&rsquo;un des enseignants du jeune enfant : <i>&lsquo;Il est à espérer que ce garçon devienne le plus savant des gens de son temps et le plus versé dans l’ascétisme parmi eux, et il est à espérer que les gens bénéficient de son savoir&rsquo;</i>. Il ne savait pas alors à quel point son pressentiment allait s&rsquo;avérer juste ! C’est ce même cheikh qui conseilla aux parents du jeune Mou<span style="text-decoration: underline;">h</span>ieddine d’encourager leur enfant à poursuivre ses études religieuses.</p>
<p>Jusqu’à ce jour, Al Nawawi travaillait dans une petite boutique dont il s&rsquo;occupait, mais au vu de ses aptitudes, et suivant le conseil du cheikh, son père l&rsquo;envoya à Damas afin qu’il y parachève son éducation religieuse. Al Nawawi  vécut à l’ombre de la mosquée des Omeyyades plusieurs années, seul dans une chambre étroite où il accumula une énorme quantité de livres. C&rsquo;est à ce moment que sa prodigieuse capacité d&rsquo;apprentissage se manifesta pleinement. Sa recherche de savoir dominait alors l&rsquo;ensemble de sa vie. Il assistait à douze leçons par jour, auprès des grands savants dans tous les domaines des sciences religieuses, et passait ses nuits à étudier seul dans sa chambre, ne dormant que le strict nécessaire. Nous pourrions dire aujourd’hui qu’Al Nawawi optimisait son temps au maximum. Ainsi, même ses trajets à pieds étaient pour lui l&rsquo;occasion de revoir ses notes et de réciter ce qu&rsquo;il avait mémorisé !</p>
<p>Cette aptitude au travail était due à sa nature encline au délaissement de ce bas-monde. En effet, Al Nawawi était un vrai ascète, qui n&rsquo;avait aucun besoin superflu. Il se satisfaisait du minimum qu&rsquo;Allah lui accordait. Pour tout vêtement, il se contentait d&rsquo;un habit simple et d&rsquo;un turban, et n&rsquo;éprouvait nul désir d&rsquo;en posséder plus. Quant à son alimentation, il se limitait généralement à un repas par jour, qu&rsquo;il prenait après la prière du soir, avant de s&rsquo;adonner à ses études nocturnes. Il était, par ailleurs, très scrupuleux de la provenance licite de sa nourriture, et s&rsquo;abstenait au moindre doute. Il ne faisait pas cela par ostentation, ou pour obtenir une quelconque position, mais par pure et sincère dévotion. Il était d&rsquo;ailleurs très modeste et n&rsquo;acceptait pas de se faire servir par ses étudiants et préférait plutôt les servir bien qu&rsquo;il soit leur aîné et qu&rsquo;il ait atteint les plus hauts degrés du savoir. Le seul « bien matériel » qu&rsquo;il possédait était ses livres dont il avait plus besoin que tout autre chose dans sa quête de connaissances et de compréhension.</p>
<p>Al Nawawi était tellement absorbé par ses travaux qu&rsquo;il ne trouva pas le temps de se marier, et ne laissa donc aucune descendance. Il restera malgré tout à jamais dans la postérité grâce aux nombreux ouvrages remarquables qu&rsquo;il composa, dans de nombreuses disciplines des sciences religieuses telles que le <span style="text-decoration: underline;">h</span>adith, la spiritualité, les sciences coraniques ou encore la jurisprudence. Le plus fameux de ses écrits étant certainement son <span style="text-decoration: underline;">commentaire de l&rsquo;authentique de Mouslim</span>, reconnu comme inégalé à ce jour. Il est également l&rsquo;auteur de livres accessibles et utiles à tous, que chaque foyer possède ou se doit de posséder et de lire en famille, tels que <span style="text-decoration: underline;">le Jardin des vertueux</span> <i>(<span style="text-decoration: underline;">Al Riyad Al Salihin</span>)</i> ou encore ses <span style="text-decoration: underline;">quarante hadiths</span> <i>(<span style="text-decoration: underline;">Al arba&rsquo;ïn Al Nawawiyya</span>)</i>, dont la valeur est attestée par tous les gens de sciences et qui font l&rsquo;objet encore aujourd&rsquo;hui de nombreux commentaires et études. Nous pouvons encore citer son ouvrage <i><span style="text-decoration: underline;">Al Tibyan fi adabi hamalati al Qor’an</span> </i>dans lequel l’Imam énumère les règles relatives à la lecture et la psalmodie du Livre Saint ; ou encore son célèbre <i><span style="text-decoration: underline;">kitab al adhkar</span></i> consacré à l’évocation de Dieu, à son mérite et aux différentes formules à prononcer aux différentes occasions de la vie.</p>
<p>Notons également, que bien que l’Imam Al Nawawi ait atteint un haut niveau de savoir, il n’abandonna jamais le <i>madhab </i>d’Al Shafi’i<i> </i>dans lequel il fut éduqué.</p>
<p>Al Nawawi ne put réaliser toutes ces œuvres qu&rsquo;au terme d’une vie d’efforts et de sacrifices. Il est en effet impossible d&rsquo;atteindre ce niveau de savoir et de compréhension par le repos et le loisir. De plus, nous voyons ici la seule méthode correcte d’acquisition des sciences religieuses qui est d’être sincère avec Allah, de fréquenter et d’étudier auprès des savants compétents, de mémoriser ce que l’on apprend, sans oublier le travail de recherche et l’effort personnel. Remarquons enfin, que cet héritage immense laissé par l’Imam au patrimoine islamique et aux générations musulmanes fut constitué au terme d’une vie relativement courte, puisque l’Imam Al Nawawi est décédé à l’âge de quarante-cinq ans dans son village d’origine.</p>
<p><i>Puisse Allah récompenser généreusement cet Imam et en susciter de semblables !</i></p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/">L’Imam Al Nawawi</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/limam-al-nawawi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz, le dirigeant exemplaire</title>
		<link>http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/</link>
		<comments>http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Jan 2014 11:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographies]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[califat]]></category>
		<category><![CDATA[calife bien guidé]]></category>
		<category><![CDATA[khalifa rashidoun]]></category>
		<category><![CDATA[omeyyade]]></category>
		<category><![CDATA[‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alkahflejournal.com/?p=2769</guid>
		<description><![CDATA[<p>&#8216;Omar Ibn ‘Abd Al ‘Aziz, de la dynastie des Omeyyades est connu pour être le cinquième Calife bien guidé. Il est né en l&#8217;an 61 de l&#8217;hégire à Médine, dans une famille aisée et proche du pouvoir. Son père, ‘Abd Al ‘Aziz Ibn Marwan, apparenté au Calife, occupa le poste de gouverneur d’Égypte. Sa mère... <br /> <a class="meta-more" href="http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#187;</span></a></p>
<p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/">‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz, le dirigeant exemplaire</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/" ></div><br/><p><span style="color: #00000a;">&lsquo;Omar Ibn ‘Abd Al ‘Aziz, de la dynastie des Omeyyades est connu pour être le cinquième Calife bien guidé.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;">Il est né en l&rsquo;an 61 de l&rsquo;hégire à Médine, dans une famille aisée et proche du pouvoir. Son père, ‘Abd Al ‘Aziz Ibn Marwan, apparenté au Calife, occupa le poste de gouverneur d’Égypte. Sa mère quant à elle n&rsquo;était autre que la petite-fille de &lsquo;Omar Ibn Al Khattab, et la fille de cette femme exemplaire, qui, alors que sa mère l&rsquo;encourageait à mélanger de l&rsquo;eau à leur lait pour en augmenter les bénéfices refusa en lui répliquant : <i>&lsquo;Si le Commandeur des croyants ne nous voit pas, Dieu, le Seigneur de &lsquo;Omar, Lui nous voit certainement&rsquo;. (*)<br />
</i></span></p>
<p><span style="color: #00000a;">&lsquo;Omar Ibn ‘Abd Al ‘Aziz eut une enfance privilégiée, évoluant dans le raffinement et l&rsquo;abondance. Il savait apprécier les bonnes choses, sans jamais verser dans l&rsquo;excès. Cela ne l&rsquo;empêcha nullement, dès son plus jeune âge, de consacrer une grande partie de son temps à la spiritualité et à l’acquisition du savoir utile. C&rsquo;est ainsi, que de lui-même, il choisit de quitter l’Égypte pour retourner à Médine afin de parfaire son éducation religieuse auprès des plus grands savants de son temps, qu&rsquo;il ne cessera dès lors de fréquenter.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;">Grâce à cette éducation équilibrée, &lsquo;Omar développa une sincérité et une objectivité qui lui permirent de se préserver de l&rsquo;esprit tribal qui caractérisait certains princes omeyyades de l&rsquo;époque. Il abhorrait les abus de pouvoir et les injustices commises envers le peuple, autant que la propagande visant à consolider le pouvoir en calomniant l&rsquo;Imam &lsquo;Ali.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;"> </span><span style="color: #00000a;">&lsquo;Omar jouissait à Médine d&rsquo;une excellente réputation, à tel point qu&rsquo;il en fut nommé gouverneur par le Calife Al Walid Ibn Abd Al Malik, à l&rsquo;âge de vingt-cinq ans seulement ! Il affirma immédiatement sa différence dans sa façon de gouverner en plaçant le bien-être de ses administrés au cœur de sa politique. Il était tellement apprécié de tous, que ses responsabilités s&rsquo;élargirent rapidement sur l&rsquo;ensemble du <span style="text-decoration: underline;">H</span>ijaz qu&rsquo;il réforma en profondeur, en améliorant significativement les infrastructures et la redistribution des revenus. Dans le même temps, il critiquait et s&rsquo;opposait ouvertement aux gouverneurs injustes des provinces voisines, à commencer par l&rsquo;un des plus grands tyrans qu&rsquo;ait connu l&rsquo;histoire musulmane ancienne, Al Hajjaj Ibn Youssouf, qui était alors gouverneur d&rsquo;Irak. &lsquo;Omar affirmait qu&rsquo;Al Hajjaj était indigne de ses fonctions.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;">Cette liberté de ton et d&rsquo;action suscitèrent la jalousie et l&rsquo;animosité de quelques gouverneurs qui, avec à leur tête Al Hajjaj, firent pression sur le Calife jusqu&rsquo;à obtenir la destitution de ‘Omar.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;">Celui-ci quitta alors Médine pour la Syrie d&rsquo;où il observait, impuissant, les luttes d&rsquo;intérêts entre d&rsquo;une part des factions qui défiaient sans cesse l&rsquo;autorité et mettaient en péril la stabilité de l&rsquo;état, et le pouvoir qui n&rsquo;avait d&rsquo;autre choix que de contenir ces débordements, parfois par la violence. Comme à toute époque, la propagande était alors très active, et à défaut de médias de masse, on déploya des poètes dans toutes les villes pour diffuser les idéologies défendues par les dirigeants, et discréditer les fauteurs de trouble.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;">Allah plaça au côté du nouveau Calife, Soulayman Ibn Abd Al-Malik, un conseiller béni du nom de Raja&rsquo; Ibn Haywa. Alors que le Calife était gravement malade, son conseiller lui suggéra, dans le plus grand secret, de nommer &lsquo;Omar Ibn ‘Abd Al ‘Aziz comme successeur, et de réunir l&rsquo;ensemble des gouverneurs pour leur faire prêter serment d’obéir à sa décision après sa mort sans tenter, jusque-là, de découvrir le contenu de son testament qui devait rester secret.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;">À la mort du Calife, &lsquo;Omar fut certainement le plus surpris à la lecture du testament, et tout comme son arrière-grand-père, &lsquo;Omar Ibn Al Khattab, il chercha à se dégager de cette responsabilité qu&rsquo;il s&rsquo;était vu confier sans même avoir été consulté, mais le peuple l&rsquo;approuva et le plébiscita tellement qu&rsquo;il fut contraint d’accepter, il avait alors trente-cinq ans.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;">Il apparut comme un grand réformateur, tant du point de vue religieux que politique. </span><b>Il mêlait l&rsquo;érudition à l&rsquo;action</b><span style="color: #00000a;">. Tous les grands savants de son époque témoignaient d&rsquo;ailleurs de son savoir et de sa piété. </span><b>Il ne perdait pas de temps en polémiques stériles</b><span style="color: #00000a;">, tout comme </span><b>il s&rsquo;éloignait des flatteurs</b><span style="color: #00000a;">. Une fois aux responsabilités, </span><b>il se dépouilla de toute passion</b> <span style="color: #00000a;">et de tout intérêt personnel, faisant passer son devoir avant tout.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;">A peine avait-il prit ses fonctions qu&rsquo;il mit fin aux conflits inutiles qui ruinaient les provinces musulmanes et remplaça les gouverneurs corrompus par des hommes intègres et justes. Il mit un terme à la propagande en supprimant les allocations accordées aux poètes, et en interdisant de maudire &lsquo;Ali Ibn Abi Talib lors des sermons du vendredi.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;"> </span><span style="color: #00000a;">Il avait également compris que </span><b>le bien-être d&rsquo;une nation ne peut s&rsquo;accomplir que dans l&rsquo;apaisement</b><span style="color: #00000a;">. Il rétablit donc les principes fondamentaux qui fondent les sociétés justes, tels que l&rsquo;égalité et la liberté d&rsquo;expression. </span><b>Il n&rsquo;usait jamais de violence contre ses opposants</b><span style="color: #00000a;">, et </span><b>privilégiait plutôt le dialogue</b><span style="color: #00000a;">, mettant un terme aux conflits internes avec les <a title="Les Kharijites [Al Khawarij]" href="http://www.alkahflejournal.com/les-kharijites-al-khawarij/">kharijites</a><i> </i>auxquels il rendit tous leurs droits, tant que ceux-ci ne commettaient pas d&rsquo;acte de terrorisme.</span></p>
<p><span style="color: #00000a;"> </span><span style="color: #00000a;">Il prenait soin de ne négliger aucune frange de la population : musulmans ou non, tout le monde jouissait des mêmes droits. Il réussit grâce à </span><b>une politique fiscale juste et efficace</b><span style="color: #00000a;">, ainsi qu&rsquo;à une redistribution équitable des revenus à faire disparaître la pauvreté au sein des terres musulmanes, au point qu&rsquo;on ne trouvait plus de nécessiteux à qui donner la <i>zakat</i> !</span></p>
<p><span style="color: #00000a;"> </span>Ce calife exemplaire a réussi en seulement deux ans et cinq mois de règne à passer d&rsquo;un état instable et  clientéliste, à un état de droit juste et équitable, se concentrant sur <b>le bien-être du peuple</b>, <b>le consultant dans ses décisions, et le faisant participer à la vie de l’État</b>. Tel est le résultat de l&rsquo;application des préceptes divins dans la gouvernance d&rsquo;un État, qui est bien loin de ce que l&rsquo;on connaît malheureusement aujourd&rsquo;hui un peu partout dans le monde.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p>(*) Il est confirmé qu&nbsp;&raquo;Omar Ibn Al Khattab a, durant son règne, édicté une circulaire informant les commerçants de l&rsquo;interdiction d&rsquo;ajouter de l&rsquo;eau au lait pour en augmenter le volume en en diminuant la qualité. Alors qu&rsquo;il se promenait, comme à son habitude, dans les rues de Médine pour chercher à aider les gens et pour voir comment vivaient les gens, &lsquo;Omar fut pris de fatigue et voulut s&rsquo;adosser un instant contre un mur afin de se reposer. Alors qu&rsquo;il était ainsi il entendit malgré lui une conversation à l&rsquo;intérieur de la maison entre une mère et sa fille. La mère demandait à sa fille de mélanger de l&rsquo;eau au lait, et sa fille de lui rappeler que cela avait été interdit par le Commandeur des croyants. Avec une grande politesse, la jeune fille rappela à sa mère que &laquo;&nbsp;si le commandeur des croyants, &lsquo;Omar, ne les voyait pas, le Seigneur de &lsquo;Omar lui les voyait&nbsp;&raquo;. &lsquo;Omar fut impressionné par cette jeune fille pieuse et sage qui donnait des conseils à sa mère. Aussi &lsquo;Omar revint très vite avec son fils &lsquo;Asim qui n&rsquo;était pas marié pour demander à rencontrer la jeune fille et lui proposer de l&rsquo;épouser, chose qu&rsquo;elle s&rsquo;empressa d&rsquo;accepter. &lsquo;Omar Ibn Al Khattab : &laquo;&nbsp;j&rsquo;espère que ce cette union naîtra une descendance pieuse&nbsp;&raquo; et dans une autre version &laquo;&nbsp;un leader pour le peuple Arabe&nbsp;&raquo;. De cette union naquit finalement Layla qui allait devenir la mère d&rsquo;Omar Ibn &lsquo;Abd Al &lsquo;Aziz !</p>
<br/><div class="loginRadiusHorizontalSharing" data-share-url="http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/" data-counter-url="http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/" ></div><p>The post <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/">‘Omar Ibn ‘Abdel ‘Aziz, le dirigeant exemplaire</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="http://www.alkahflejournal.com">Journal</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.alkahflejournal.com/omar-ibn-abdel-aziz/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
